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Somalie

HRW dénonce des abus sexuels en Somalie, l’Amisom dément

Deux femmes avec leurs enfants sur une plage de Mogadiscio, le 13 novembre 2013.
© REUTERS/Siegfried Modola

Des soldats de la mission de maintien de la paix de l'Union africaine sont accusés par Human Rights Watch (HRW) de commettre des abus sexuels en Somalie. C’est l’objet d’un rapport intitulé Le pouvoir que ces hommes ont sur nous, rendu public dimanche 7 septembre.

L'organisation de défense de droits de l'homme a rencontré 21 femmes ou jeunes filles somaliennes qui disent avoir été violées ou exploitées sexuellement par des militaires ougandais et burundais dans deux bases de l'Amisom. Selon HRW, elles étaient venues chercher de l'aide dans les camps burundais et ougandais de Mogadiscio, et n'ont pas osé se plaindre après avoir été violées.

« Elles se sentent clairement impuissantes face aux violeurs, à ces soldats, explique Laetitia Bader, auteure de ce rapport. Et le titre de notre rapport, Le pouvoir que ces hommes ont sur nous, vient du témoignage d'une jeune fille violée par un soldat burundais. Ce qui est inquiétant, c'est que sur toutes les femmes que nous avons interrogées, deux seulement ont porté plainte. Les autres craignent les représailles de soldats, mais aussi des shebabs. »

Pour l’Amisom, HRW n’a pas contacté la mission

Les shebabs qui, souvent, ciblent des personnes considérées comme collaborant avec des soldats étrangers, d'où ces craintes formulées à leur égard.

Le porte-parole de l'Amisom, le colonel Ali Aden Houmed, est indigné. Il assure que HRW n'a pas contacté la mission. « L'Amisom aurait dû être consulté, s’insurge-t-il. Ce sont des accusations très sérieuses, chaque fois qu'il y a ce type d'allégations, nous menons des enquêtes, nous travaillons en collaboration avec les autorités somaliennes. Ce genre de choses ne peut pas être toléré. Nous sommes là, nous sommes ouverts au débat. Et c'est tout. »

En annexe du rapport se trouvent plusieurs correspondances entre le directeur de HRW et des responsables de l'Union africaine ou des pays concernés. L'état-major burundais écrit n'avoir reçu aucun rapport de plaintes sur d'éventuels abus sexuels concernant ses troupes en Somalie.

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