Meurtres de religieuses au Burundi: une arrestation et des questions

Le meurtrier présumé des religieuses du couvent de Kamenge a été présenté à la presse ce mardi 9 septembre.
© RFI/Esdras Ndikumana

Un suspect a été arrêté ce mardi 9 septembre à Bujumbura après l’assassinat de trois religieuses italiennes. La police fait savoir que le suspect était en possession du téléphone de l'une des trois victimes ainsi que de l'une des clefs du couvent où les assassinats ont été perpétrés. Mais de nombreuses zones d'ombres demeurent.

Le Burundi était encore sous le choc de l’assassinat de trois vieilles religieuses d’origine italienne dans le quartier de Kamenge, en périphérie de Bujumbura. La population commençait à s'impatienter et à le montrer. Cela ne pouvait donc pas mieux tomber : la police burundaise a présenté à la presse ce mardi après-midi un homme de 33 ans prénommé Christian Claude Butoyi, qu’elle désigne comme l’assassin présumé des trois religieuses. Il a été arrêté dans la nuit précédente, vers 1h du matin, sur dénonciation d’une personne qui lui aurait acheté un téléphone, volé à l'une des trois religieuses.

Cet homme, qui paraît très jeune, présente un visage impassible. Il aurait tout avoué à la police, sans se faire prier, selon le porte-parole de la police burundaise, le colonel Helménegilde Harimenshi. Le jeune homme aurait déclaré, de manière ostentatoire, selon le colonel : « Je les ai violées, et ensuite je les ai tuées. » Et puis il a expliqué son geste en disant que « ce sont des étrangers qui occupent [sa] propriété. »

Mystères

Malgré cette présentation et ces explications, les journalistes présents sont restés sur leur faim, car des questions subsistent. Il y a par exemple celle de la complicité. Peu de gens croient qu'il aurait agi seul.

Le motif avancé pour ce meurtre paraît également bien léger, surtout si l'on a en tête qu'il s'agit d'un homme qui a vécu la plus grande partie de sa vie dans l'est de la RDC, et qui est revenu au Burundi il y a huit ans, c'est-à-dire presque en même temps que les trois religieuses, qui ont également travaillé dans ce pays. S'étaient-ils déjà rencontrés dans ce pays ? Un mystère de plus.

Enfin, beaucoup à Bujumbura veulent toujours comprendre comment il a pu s'introduire dans le couvent, tuer la troisième religieuse, puis repartir tranquillement alors qu'il y avait des policiers en faction juste derrière le mur d'enceinte. La police a encore du pain sur la planche.

A la question de savoir si, depuis huit ans qu'il était rentré, il n'avait pas exposé son cas à la justice ou a des amis, il a dit : « C'est ce jour-là que j'ai eu le temps de régler mon compte. »
Porte-parole de la police burundaise
09-09-2014