Nigeria: la ville de Bama est-elle encore aux mains de Boko Haram?

Des décombres d'habitations dans la ville de Bama, au nord-est du Nigeria, après une attaque de Boko Haram en février 2014.
© AFP PHOTO / STRINGER

L'armée nigériane affirme avoir repris la ville de Bama et précise que l'armée de l'air a été fortement mobilisée. Les responsables des forces de sécurité, sous le feu des critiques, disent-elles la vérité? Un sénateur de la zone estime que Boko Haram détient toujours Bama, située à 75 kilomètres de Maiduguri, la capitale de l'État de Borno.

Le porte-parole du ministère de la Défense a déclaré hier sur Twitter : « Je suis heureux d'apprendre que l'armée a repris le contrôle de Bama ». Ce tweet du Général Chris Olukoladé est en soi un aveu car tout au long de la semaine dernière, il avait nié la prise de la ville par l'insurrection islamiste.

Le quotidien nigérian The Guardian cite plusieurs sources militaires qui, sous couvert d'anonymat, précisent que des avions de chasse et des hélicoptères de combat ont été mobilisés pour aider les soldats au sol à combattre Boko Haram et à reprendre la ville.

Mais des sources du sénateur Ahmed Zannah, dont la circonscription couvre Bama, affirment de leurs côtés que l’armée régulière n’a pas du tout repris le dessus dans la ville. Elle serait, selon ces sources, toujours positionnée à 35 kilomètres de Bama.

L'armée cherche-t-elle à faire diversion alors que Boko Haram a étendu son emprise sur de nouvelles localités plus au sud dans l'État de l'Adamawa ? L'insurrection islamiste s’est en tous les cas installée au cours du week-end dans les villes de Michika et Gulak. Avec ces dernières prises, Boko Haram prolonge son contrôle d'un axe nord-sud le long de la frontière avec le Cameroun dans les montagnes Mandara.

■ Le Cameroun affirme avoir tué plus d’une centaine de combattants de Boko Haram

Le gouvernement camerounais parle d'un « cinglant revers » infligé à Boko Haram. Dans un communiqué lu sur la radio d'État lundi soir, le porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, a affirmé que l'armée camerounaise avait tué plus d'une centaine de combattants du groupe islamiste.

Si l'on en croit ce communiqué, l'attaque serait venue de Gamboru Ngala, une ville nigériane frontalière, séparée de l'Extrême-Nord du Cameroun par un pont. D'après Issa Tchiroma Bakary, samedi vers 13 heures, les islamistes auraient tiré deux obus sur la localité de Fotokol au Cameroun. L'armée aurait alors riposté à l'aide de mortiers.

Bilan, selon Yaoundé, une centaine de combattants tués. Parmi eux, deux touaregs auraient même été clairement identifiés, précise le communiqué. Le porte-parole du gouvernement ajoute que les tirs camerounais auraient été si intenses qu'ils auraient contraint les assaillants à quitter Gamboru Ngala pour prendre position 7 kilomètres plus loin.

Il faut dire que le Cameroun a déployé des moyens dans cette zone très sensible. Boko Haram a pris le contrôle de Gamboru Ngala le 28 août dernier, après plusieurs jours de combats avec l'armée nigériane. 500 soldats nigérians avaient même traversé la frontière pour trouver refuge à Fotokol, tout comme des milliers de civils fuyant les exactions du groupe islamiste.

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