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Burundi

Burundi: une messe en hommage aux trois religieuses assassinées

Des religieuses italiennes arrivent au couvent de Kamenge, en périphérie de Bujumbura où trois sœurs italiennes ont été assassinées.
© AFP PHOTO / Esdras Ndikumana

Au Burundi, l’enquête se poursuit après l’assassinat dimanche 7 septembre de trois religieuses italiennes près de Bujumbura, trois femmes égorgées et décapitées. Mardi, la police a annoncé avoir arrêté un suspect. Et ce mercredi, une messe était organisée au sanctuaire du mont Sion.

Plusieurs milliers de personnes ont assisté à la messe d’adieu aux trois religieuses. Dans l’église, beaucoup de douleur et une émotion contenues. On a vu des femmes qui sanglotaient discrètement, d’autres le regard perdu au loin étaient secouées de temps en temps par un hoquet.

Dans la salle également, beaucoup de simples gens venus souvent de loin comme Alice, une jeune Congolaise arrivée mardi de Bukavu, ou cette autre vieille maman en provenance de Bubanza, dans le nord-ouest du Burundi. Elle ne connaissait pas les trois religieuses, mais elle est venue après avoir entendu la nouvelle à la radio : « Ce sont des sœurs en Christ, je suis venue les accompagner », a-t-elle déclaré.

Inhumation à Bukavu en RDC

C’est l’archevêque de Bujumbura, monseigneur Évariste Ngoyagoye, entouré de plusieurs évêques burundais qui a célébré cette messe. Une cérémonie à laquelle le Premier vice-président burundais, le président de l’Assemblée nationale et le président du Sénat ont participé.

Monseigneur Ngoyagoye a eu des mots très forts : « Ce que l’assassin présumé a fait dépasse l’entendement, mais on ne demande pas sa mort, on demande qu’il change, qu’il devienne un autre homme ».

La cérémonie a duré trois heures, puis les cercueils d’un blanc immaculé ont été placés dans un camion en direction de Bukavu, à l’est de la RDC, où les trois religieuses seront inhumées jeudi.

L’assassin présumé arrêté la veille

Mardi, un homme a été arrêté dans le quartier de Kamenge, où ont eu lieu les crimes et l’image du suspect qui est en train de se dessiner risque de compliquer encore un peu plus l’enquête. Cet homme de 33 ans est considéré dans son quartier comme un fou, avec tout ce que ce terme peut contenir de péjoratif dans le pays. Il est décrit comme un malade mental qui passe le plus clair de son temps dans la rue, qui n’hésite pas à se barbouiller de boue, à se promener parfois tout nu. Tous les témoignages parlent d’un « fou » plutôt calme et non violent.

Beaucoup estiment qu’il est loin de correspondre à un assassin froid et méthodique décrit par la police du Burundi et qui aurait planifié le triple assassinat des religieuses d’origine italienne. La police du Burundi qui semble sûre de son coup a donc intérêt à réunir des preuves solides contre lui, car si son état mental venait à être confirmé par des experts, ces aveux ne pourraient plus être utilisés contre lui.

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