Info RFI: l’Afrique du Sud étudie l’audition de Kayumba par la France

L'audition du général Kayumba Nyamwasa par la justice française est examinée par l'Afrique du Sud.
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L'Afrique du Sud est en train d'examiner la requête de la justice française d'entendre le général rwandais Kayumba Nyamwasa, une des neuf personnalités rwandaises mises en cause en 2006 dans l'affaire de l'attentat contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, au Rwanda.

L’attentat contre l'avion du président avait coûté la vie aux chefs de l'Etat burundais et rwandais le 6 avril 1994. Le lendemain, le 7 avril, débutaient les premiers massacres au Rwanda.

L'ancien chef d'état-major rwandais, devenu opposant, est toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt en France, et le temps presse pour qu'il soit entendu et que les charges lui soient notifiées. Officiellement, les juges français Trévidic et Poux ont fini leur instruction début juillet. A partir de là s'ouvrait une période de trois mois durant laquelle toutes les parties pouvaient demander aux juges des actes supplémentaires, avant que le parquet prenne ses réquisitions dans cette affaire. Cette fenêtre de trois mois se termine début octobre.

Preuves de l'implication de Paul Kagame

Du côté des parties civiles, on n'avait pas caché sa frustration de voir Kayumba Nyamwasa n’être ni extradé, ni même entendu par la justice. L'ancien chef d'état-major du Rwanda, à l'époque chef des renseignements militaires de la rébellion du FPR, avait officiellement manifesté sa disponibilité à être entendu. Sur nos antennes, il avait affirmé détenir des preuves de l'implication de son ancien patron, Paul Kagame. Une disponibilité qu’il avait, selon plusieurs sources, à nouveau manifestée ces derniers jours par l'intermédiaire de son avocat, par un courrier confidentiel remis aux juges d'instruction.

Les juges Trévidic et Poux avaient d'abord demandé à l'Afrique du Sud l'extradition de Kayumba Nyamwasa, puis en mars 2012, avaient demandé à ce qu'il soit entendu et que les charges pesant contre lui soient notifiées. Ces deux requêtes étaient jusque-là restées lettres mortes et l'Afrique du Sud n'avait jamais répondu ou même admis avoir reçu ces demandes. Pretoria dit aujourd'hui étudier la possibilité de laisser les juges entendre Kayumba Nyamwasa sur son sol. Pas un mot de plus.

Rappelons qu’après l'instruction très décriée du juge Jean-Louis Bruguière, les magistrats Trévidic et Poux avaient donné un nouveau souffle en obtenant notamment une série d'expertises sur les lieux du crash. Ces expertises indiquaient que l'origine des tirs proviendrait d'une zone autour du camp de Kanombe où se trouvaient les forces loyales au président Habyarimana. Depuis, les autorités rwandaises ont demandé à plusieurs reprises un non-lieu contre les proches et anciens proches du président Kagame.