CPI: le procès de Laurent Gbagbo confirmé de manière «définitive»

Des victimes de la crise postélectorale de 2010 manifestent devant le palais de justice d’Abidjan contre la décision du CPI d’étayer le dossier de l’ancien président Laurent Gbagbo, le 17 juin 2013.
© REUTERS/Thierry Gouegnon

C'est une confirmation « définitive » que la Cour Pénale Internationale (CPI) a annoncée jeudi 11 septembre. Il y aura bien un procès Gbagbo. La Chambre préliminaire de la CPI a rejeté le dernier appel formulé par les avocats de l'ancien président ivoirien. L'ex-chef d'Etat est poursuivi pour quatre charges de crimes contre l'humanité suite à la crise post-électorale de 2011.

Le dernier obstacle vient d'être levé et Laurent Gbagbo sera effectivement jugé. Avec cet ultime feu vert, le dossier a été transmis à la présidence de la CPI qui doit maintenant sélectionner des magistrats chargés de gérer les futures audiences.

C'est donc la fin d'un premier feuilleton judiciaire à rebondissements. L'an dernier, après avoir tenté de rassembler des preuves contre l'ancien président, la procureure avait fourni un premier dossier. Cependant, les juges lui avaient demandé de revoir sa copie, estimant que ses éléments s'appuyaient trop sur des « ouï-dire anonymes tirés de rapports d'Organisations non gouvernementales (ONG) et d'articles de presse ». Autrement dit, que ce n'était pas assez solide.

En janvier, Fatou Bensouda – procureure de la CPI – avait, par conséquent, présenté de nouvelles preuves. Six mois plus tard, la CPI avait une première fois dit « oui » au procès, ce qui fut une victoire loin d'être triomphale pour la procureure. En effet, un des trois juges ayant voté « non », ce fut une preuve que des doutes subsistaient sur la solidité de l'accusation.

Il n'empêche, l'ultime appel déposé - fin juillet - par les avocats de Laurent Gbagbo a été rejeté. L'ex-président ivoirien sera jugé pour quatre charges de crimes contre l'humanité, meurtre, viol, autres actes inhumains et persécution.