Burundi: inquiétude autour de la santé de Pierre-Claver Mbonimpa

Pierre-Claver Mbonimpa, dans la salle d'audience ce vendredi 4 juillet 2014, attendant le début de son procès. Il arborait fièrement une décoration reçue des mains du roi des Belges.
© RFI/Esdras Ndikumana

Au Burundi, le procès de Pierre-Claver Mbonimpa, principal défenseur des droits de l’homme au Burundi, devait reprendre. Mais placé d’urgence d’un hôpital de Bujumbura depuis deux semaines dans un état grave, cette figure de la société civile burundaise n’a pas pu se présenter à la barre. Ses avocats ont demandé une nouvelle fois sa mise en liberté provisoire, refusée jusqu’ici malgré les pressions de la communauté internationale. La cour annoncera sa décision lundi.

En l’absence de Pierre-Claver Mbonimpa, cloué sur un lit d’hôpital par sa maladie, l’audience a été courte. Elle a duré tout juste trente minutes pendant lesquelles sa défense a tout tenté pour convaincre les juges du tribunal de grande instance de Bujumbura d’accorder cette fois la liberté provisoire à l’illustre défenseur des droits humains, en prison depuis le mois de mai pour atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat.

Pour Me Fabien Segatwa, personne ne pourra oser prendre la responsabilité de le renvoyer en prison, dans son état. « Il a quitté la prison dans un état comateux, et donc s’il doit retourner à la prison pour vivre la même situation, et bien ça risque d’être grave. Personne n’a intérêt que le pire se produise », explique l'avocat.

Prix Henri Dunant 2011 pour son engagement en faveur des droits de l’homme au Burundi, Pierre-Claver Mbonimpa est, à 65 ans, l’une des personnalités les plus respectées de ce pays pour son courage, il a notamment dénoncé à plusieurs reprises, des cas d’exécutions extrajudiciaires.

Tout ceci devrait plaider en sa faveur, selon Me Segatwa. « Nous avons besoin de Pierre-Claver Mbonimpa, poursuit-il, c’est quelqu’un qui a fait des grandes choses, et même qui ont intéressé quelque part le gouvernement. Et nous avons intérêt à ce qu’il puisse continuer de se battre pour les droits de l’homme ».

Mais en dénonçant les entraînements paramilitaires des jeunes du parti au pouvoir au Burundi, les Imbonerakure, dans l’est congolais, il a franchi aux yeux du gouvernement la ligne rouge, juge un diplomate onusien. Ce qui explique sans doute l’intransigeance à son égard.

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