L’épidémie d’Ebola a de lourdes conséquences économiques en Guinée

Depuis le début de l'année 2014, l'épidémie d'Ebola a tué 2461 personnes sur 4985 cas, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
© RFI/olivier Rogez

Un à deux points de croissance en moins, c’est la triste prévision des économistes pour la Guinée en 2014. En cause : l’épidémie d’Ebola et la fermeture des frontières. Depuis, l’économie marche au ralenti et les PME s’inquiètent.

Mamadou Baila importe de l’huile de moteur pour camion de Dubaï. Chaque année, il fait venir 80 à 100 conteneurs. Mais avec Ebola, les frontières sont fermées, les camions bloqués et son entreprise est au bord de la faillite : « Avec les frontières, les camions ne marchent pas. S’il n’y a pas de transport, on ne peut pas écouler notre marchandise. J’ai dû licencier huit personnes. Actuellement, je suis seul à travailler. Ceux qui sont à côté de moi, je ne peux pas couvrir leur salaire parce que c’est cher. Mon chiffre d’affaires est presque égal à zéro. Je ne peux pas dire à zéro, mais c’est ralenti. Je crains trop la faillite parce que ça descend et maintenant les marchandises ne s’écoulent pas et je n’ai pas autre chose à faire. Franchement, c’est dur. »

Fatou Baldé est transitaire. A la douane, dit-elle, le volume d’affaires a au moins diminué d’un tiers. Les plus touchés sont les exportateurs de produits agricoles qui ne peuvent plus écouler leurs marchandises au Sénégal, la frontière étant fermée : « La Fédération des paysans du Fouta-Djallon est une fédération qui produit beaucoup de pommes de terre, mais aussi certains fruits comme l’ananas, les oranges, la banane. Près de 60 % de sa production est vendue au Sénégal, cela rapporte beaucoup plus aux producteurs. Mais actuellement, avec la situation et la fermeture des frontières, c’est une perte énorme pour les agriculteurs d’autant plus que les moyens de conservation ne sont pas ce qu’ils doivent être, et du coup, ça va être des produits qui vont pourrir ».

Le gouvernement est tout aussi frappé : l’activité tourne au ralenti et les recettes fiscales ou douanières diminuent. Conakry s’apprête à demander dans les semaines à venir une aide budgétaire aux institutions internationales.