Assassinat d'Hervé Gourdel: la Kabylie, fief terroriste

Zone montagneuse de Tizi Ouzou, en Kabylie.
© REUTERS/Louafi Larbi

L'otage français Hervé Gourdel a été enlevé et décapité dans la région montagneuse de Kabylie, à l’est d’Alger, une région qui est restée, ces dernières années, une des dernières poches du terrorisme en Algérie.

Les actes de banditisme et de terrorisme n'ont jamais vraiment cessé en Kabylie. Cette région montagneuse au sud-est d'Alger est le fief connu d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et de son chef. C’est également le fief d'autres groupes dissidents - ont le voit aujourd'hui - et aussi de bandits qui se sont spécialisés dans le rapt de civils algériens contre des rançons. Les habitants sont d'ailleurs prudents et évitent souvent de rouler la nuit tombée dans les zones les plus montagneuses.

Gendarmes et militaires sont aussi des cibles de choix. En avril dernier, par exemple, quatorze d’entre eux ont été tués. Ils rentraient d'une opération de sécurisation des élections et sont tombés dans une embuscade à 50 km de Tizi Ouzou.

Chaque mois - ou presque - des opérations militaires sont lancées dans cette zone. Les forêts sont passées au peigne fin mais depuis les années 1990, les autorités n'ont jamais vraiment réussi à nettoyer cette région truffée de grottes.

La Kabylie - un cas à part dans le paysage algérien - servait déjà de refuges aux indépendantistes pendant la guerre contre la France. C’est une région peuplée de Berbères qui entretiennent traditionnellement un rapport compliqué avec le pouvoir central. La Kabylie, réputée frondeuse, demeure jusqu'à aujourd'hui une épine dans le pied des autorités algériennes.