Le virus Ebola au centre d'une réunion spéciale à l'ONU

A Lagos, un responsable d'école prend la température d'un enfant avant son entrée en classe.
© REUTERS/Akintunde Akinleye

Alors qu'en Sierra Leone, un nouveau confinement immédiat est mis en place pour 1,2 million d'habitants afin d'enrayer la propagation d'Ebola, l'ONU tient une réunion consacrée à l'épidémie. Le secrétaire général Ban Ki-moon appelle à un engagement ferme de la communauté internationale contre Ebola. Pendant ce temps, dans les laboratoires, les scientifiques s'échinent à remonter aux sources du virus.

L’ONU tient ce jeudi une conférence sur les moyens d’endiguer l’épidémie d’Ebola. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, attend des engagements fermes du plus grand nombre de pays possibles pour apporter de l’aide sur le terrain. David Nabarro, le coordinateur de l’ONU, estime qu’en mettant les moyens nécessaire, l’épidémie sera endiguée sous deux mois : « La mobilisation commence. L’intervention en ce moment n’est pas du tout assez forte sur le terrain et au niveau des administrations locales, ce n’est pas assez. En Sierra Leone, au Liberia et aussi en Guinée. Mais avec ce qu’on met en place en ce moment, on peut avoir la puissance nécessaire dans deux mois. Avec ça, on peut arrêter l'épidémie. Mais dans les deux mois prochains, il faut aller avec une vitesse extraordinaire. »

Généalogie de l'épidémie

Pendant ce temps, les recherches scientifiques se poursuivent. Ainsi, une étude a permis de retracer l’origine de l’émergence du virus Ebola en Guinée. Elle confirme le cas de cet enfant de deux ans mort en décembre de l’année dernière à Meliandou au sud-est de la Guinée. « Ce qu’on sait de l’épidémie, on le sait avec beaucoup d’incertitudes, regrette Sylvain Baize, auteur de l’étude, directeur du Centre national de références des fièvres hémorragiques à l’institut Pasteur à Lyon. Etant donné qu’on a diagnostiqué la maladie près de trois mois après les premiers cas finalement décrits, il a été très difficile de remonter toute la chaîne épidémique. On n’est pas d'ailleurs pas sûrs d’avoir remonté toute la chaîne. Ce qu’on peut dire aujourd’hui, c’est que le cas le plus ancien qu’on a réussi à relier à la chaîne épidémique de Guéckedou, le fruit initial de l’épidémie, est un enfant de deux ans qui est mort a priori le 6 décembre 2013. Il est mort en même temps que sa sœur, sa mère, sa grand-mère. Toute la famille a été décimée en décembre et en janvier. Donc le cas le plus ancien, c’est cet enfant de deux ans. »

Le village de Meliandou est très pauvre. Dans sa forêt, les chauve-souris, considérées par les scientifiques comme le réservoir naturel du virus, sont nombreuses. Sylvain Baize,reste prudent :« En revanche, peut-être qu'il y a d’autres cas qui n’ont pas été répertoriés et pour l’instant, on n’a pas d’évidences aujourd’hui de la façon dont la transmission à l’homme, c’est-à-dire le franchissement de la barrière d’espèces, s’est passée. Probablement une chauve-souris, mais on n’en sait rien. »

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.