Ebola: les mesures de quarantaine étendues en Sierra Leone

Campagne de prévention d’Ebola dans les rues de Freetown, capitale de Sierra Leone, le 23 septembre 2014.
© EUTERS/Bindra/UNICEF/handout via Reuters

En Sierra Leone, la mise en quarantaine des villes et villages potentiellement touchés par Ebola a été étendue. Les autorités ont déjà jugé que le confinement de trois jours imposé au pays le week-end dernier était un succès. Désormais, près d'1,2 million de personnes sont concernées dans 5 des 14 districts du pays. Les deux villes au coeur du dispositif restent Kenema et Kailahun, dans l'est du pays.

Le président sierra-léonais, Ernest Bai Koroma, a décidé de prolonger la quarantaine en cours depuis le mois de mai dernier, estimant la mesure efficace et indispensable, alors que le virus continue de se propager dans le pays.

Pour les ONG partenaires et les agences de l'ONU luttant contre Ebola en Afrique de l'Ouest, la quarantaine reste une mesure nécessaire. Selon Festus Minah, représentant du mouvement de la société civile, même si le gouvernement fait face à de nombreux défis, comme le manque de moyens pour collecter les corps des victimes du virus, et pour surveiller les populations des villages, la quarantaine est efficace.

Selon l'Unicef, qui coordonne les activités de l'ONU dans ces régions, les principaux défis sont que ces zones sont désormais impraticables. Toutes les voies de circulation et de transmission sont interrompues ce qui induit des problèmes supplémentaires : le manque de réserve alimentaire d'abord, les marchés n'étant plus approvisionnés ; la fuite de certains villageois en brousse, pour échapper au confinement, car ils veulent continuer à labourer leurs champs en cette période cruciale précédent les premières récoltes ; et enfin les difficultés des patients guéris dans les centres de soins urbains à rentrer chez eux dans les villages.

L'Unicef souligne que les enfants sont les premières victimes de ces problèmes, se retrouvant seuls quand leurs parents sont touchés par la maladie. Les proches craignent souvent de les prendre en charge.

L'ONU soutient cette méthode pour enrayer la propagation du virus, notamment à Kenema. Le Programme alimentaire mondial fait, par exemple, des distributions de vivres au porte-à-porte.

En général, la quarantaine est bien acceptée par les habitants. Et cela indique que nous avons bien réagi. Il y a des difficultés bien sûr. Par exemple, lundi, on a constaté que des corps de victimes de la maladie se trouvaient encore dans de nombreux endroits, car il n'y a pas assez de personnel pour s'occuper de tout, on manque de moyens logistiques et de transports. Mais je pense que les choses s'améliorent et les gens se préparent de mieux en mieux à ces quarantaines.

Festus Minah
26-09-2014 - Par Mélissa Chemam

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