Assassinat d’Hervé Gourdel: l’Algérie aurait identifié des ravisseurs

Le ministre de la Justice algérienne a annoncé à la télévision avoir identifié certains des ravisseurs d'Hervé Gourdel.
© Reuters/路透社

Près d'une semaine après l'assassinat d'Hervé Gourdel, les autorités algériennes affirment avoir identifié certains des ravisseurs de l'otage français. C'est le ministre algérien de la Justice, Tayeb Louh, qui l'a annoncé à la télévision. Un groupe dit des «soldats du califat» avait revendiqué l'exécution d'Hervé Gourdel dans une vidéo publiée mercredi dernier. Ce mardi 30 septembre, une nouvelle vidéo du groupe terroriste circulait sur Internet.

La vidéo non datée d’une durée d’environ quatre minutes a été mise en ligne sur le site You Tube, mardi en fin d’après-midi. C'est une mise en scène proche de ce que fait l'organisation Etat islamique. On y voit des images animées de la Terre, puis un zoom sur la carte de l'Afrique, puis l'Algérie sur laquelle apparaissent un Coran, une kalachnikov, un drapeau des jihadistes de l'Etat islamique, avec des chants en fond sonore.

Une trentaine d'hommes, membres présumés des Soldats du califat, ce groupe qui a revendiqué le meurtre d'Hervé Gourdel, debout ou accroupis sont filmés quasi tous armés avec des AK47, mais aussi des armes plus lourdes et notamment un lance-roquette. Ils ont presque tous le visage découvert.

Dans la première partie, Abou Abdallah Othman el-Assimi s'exprime. Il a été l'un des fondateurs du groupe terroriste algérien GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), devenu en 2007 « al-Qaïda au Maghreb islamique » (Aqmi). On y voit aussi Abdelmalek Gouri, 37 ans, originaire de l'est d'Alger et ancien berger. Lui aussi s'était d'abord engagé dans le maquis algérien en rejoignant le GIA (Groupe islamique armé), puis le GSPC, avant de prendre la direction d'une katiba d'Aqmi. Cette cellule locale serait à l'origine de plusieurs attentats-suicides en Algérie. La justice l'a d'ailleurs condamné par contumace à la peine de mort.

Le ministre de la Justice algérienne, Tayeb Louh, a annoncé que les services de sécurité ont identifié plusieurs des ravisseurs. Cette déclaration est la première déclaration officielle des autorités algériennes depuis l’annonce de la mort d'Hervé Gourdel. L’enquête a été confiée à un juge d’un tribunal d'Alger spécialisé dans les affaires de terrorisme et du crime organisé, a précisé le ministre. Le parquet a lancé un mandat d’arrêt contre les personnes identifiées et une enquête pour déterminer le lieu depuis lequel a été mise en ligne la vidéo de l’assassinat du Français. On sait, par des informations sécuritaires, que l’armée est toujours dans les montagnes du Djurdjura à la recherche du groupe terroriste et de la dépouille du randonneur français.