Ebola: MSF appelle les Etats à l’aide

Centre de traitement Ebola de MSF au sein du CHU Donka, à Conakry.
© RFI/Claire Hédon

MSF est à la peine face à l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola. L'ONG doit maintenant refuser des donations financières des États, faute de disponibilités logistiques et d’un manque de personnel. Elle appelle les États à s'impliquer directement sur le terrain.

Médecins sans frontières a refusé 2,5 millions de dollars australiens (1,7 million d'euros) donnés par Canberra pour lutter contre l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola. MSF n'est pas un sous-contractant des Etats en matière d'épidémie, explique Yann Libessart, de MSF Australie :

« MSF a besoin d’argent, de beaucoup d’argent. C’est une opération qui nous coûte extrêmement cher, donc on a besoin de donateurs. Mais le fait qu’un gouvernement qui nous donne de l’argent pour répondre à cette crise nous donne l’impression d’être sous-contractés, qu’on se substitue aux responsabilités d’un Etat qui est capable de répondre.

Que des donateurs qui chez eux ne peuvent pas faire grand-chose nous donnent de l’argent, c’est dans l’ordre des choses. Mais qu’un gouvernement qui a les capacités d’aller sur place, d’envoyer des équipes, de la main d’œuvre qualifiée pour nous aider, ce serait de l’argent qui serait mieux utilisé.

Aujourd’hui, on est débordés. Une pluie d’argent ne nous permettra pas d’augmenter notre intervention en Afrique de l’Ouest sur Ebola. On refuse des gens qui ont Ebola à la porte des cliniques ; les équipes rentrent complètement épuisées et se reposent un mois avant d’y retourner parce qu’on n’a pas suffisamment de personnel pour les renouveler en permanence ».

Débordée sur le terrain, au même titre que les services de santé locaux, MSF demande donc plutôt aux États de déployer des équipes médicales sur place. Mais il n’est pas facile de convaincre le personnel médical – hors ONG – de partir en Afrique de l'Ouest. Les États-Unis sont pour leur part en train d'envoyer 3 000 militaires sur place. Un contingent insuffisant pour faire face à l'afflux de malades, d'après MSF.

La Banque africaine de développement tente quant à elle l'argument financier. Dix millions de dollars seront débloqués pour encourager les médecins et infirmières africains à se rendre dans les pays touchés par l'épidémie.