«Procès de la terreur» au Rwanda, Joël Mutabazi jugé coupable

Au centre, Joël Mutabazi ancien garde du corps de Paul Kagame, a été jugé coupable de terrorisme notamment.
© AFP PHOTO/ Stéphanie Aglietti

Au Rwanda, le procès dit « de la terreur » s’est achevé, vendredi 3 octobre. Une cour militaire de Kigali a condamné Joël Mutabazi, ancien membre de la garde présidentielle à la prison à vie. Il a été reconnu coupable de toutes les charges retenues contre lui à savoir notamment l’accusation de terrorisme, de meurtre, de crime contre l’Etat ou encore de désertion. Joël Mutabazi et 15 autres prévenus étaient accusés d’être impliqués à différents degrés dans les attaques à la grenade qui frappent le Rwanda depuis 2010 et attribuées aux rebelles des FDLR alliés au parti d’opposition en exil du Congrès national rwandais (RNC).

C’est sans se départir du même regard dur et du visage impassible, qu’il a arboré pendant tout le procès, que Joël Mutabazi a écouté le verdict de la cour : emprisonnement à vie et dégradation militaire. L’ancien lieutenant a eu pour seule réaction de retirer immédiatement le galon qu’il portait à l’épaule et de le poser sur la barre en face de lui.

Joël Mutabazi a donc été reconnu coupable de toutes les charges reconnues contre lui et notamment d’avoir avec d’autres coaccusés organisé une attaque à la grenade qui avait fait deux morts avant les législatives de 2013. Il est aussi accusé d’avoir voulu fomenter une attaque contre le président Paul Kagame.

Joël Mutabazi a fait appel de sa condamnation et à l’issue de l’audience au micro de RFI a une nouvelle fois remis en cause la légitimité de la cour à le juger. « Je considère que ce procès n’est pas équitable, ce n’est pas juste. Je suis un réfugié, j’ai été kidnappé », a-t-il affirmé. L’ex-officier rwandais avait été remis illégalement par l'Ouganda où il avait le statut de réfugié. « Comment pouvez-vous juger quelqu’un comme cela ? Ils n’ont produit aucune preuve », s’est défendu Joël Mutabazi.

Un autre des coaccusés de Joël Mutabazi, Joseph Nshimiyimana a également été condamné à la perpétuité. Deux prévenus ont été acquittés et un autre ancien membre de la garde présidentielle, Innocent Kalisa, a été condamné à 25 ans de prison. Les autres peines vont de 25 ans à 3 mois de prison. La plupart des prévenus ont fait appel.