Mali: le séjour du général Dembélé embarrassant pour la France

L’amiral Guillaud, Français, et le général Dahirou Dembélé, dans le camp militaire de Gao, en avril 2013.
© David Baché / RFI

Au Mali, le général Dembélé, ancien chef d’état-major des armées du Mali, est poursuivi par la justice de son pays dans le cadre de l’affaire des assassinats de militaires « bérets rouges ». Placé en liberté provisoire et sous contrôle judiciaire - en attendant d’être jugé - le général Dembélé n’est pas censé quitter le territoire malien. Cela ne l’a pas empêché de se rendre en France et de manquer des contrôles judiciaires. Une affaire embarrassante pour la France et qui suscite la colère des autorités judiciaires maliennes.

« Quand il voyage, il en informe le juge », justifie l’avocate du général Dembélé, maître Mariam Diawara.

« Une demande de levée du contrôle a bien été déposée », confirme une source judiciaire malienne, « mais avant que la décision soit prise, monsieur Dembélé ne s’est pas présenté au contrôle. Et la réponse a été négative », ajoute cette même source.

« Normalement, il n’aurait pas dû pouvoir sortir du territoire », précise une autre source judiciaire, très haut placée et très contrariée.

Selon plusieurs sources concordantes, le général Dembélé s’est pourtant rendu en France. L’ancien chef d’état-major des armées du Mali - qui avait dirigé la reconquête du Nord, aux côtés de la force française Serval - est aujourd’hui rentré au Mali.

L’ambassade de France ne fait « aucun commentaire » sur une délivrance individuelle de visa, mais des sources diplomatiques assurent qu’aucun visa n’aurait pu être accordé sans autorisation de sortie du territoire délivrée par les autorités maliennes.

Selon nos informations, le général Dembélé aurait en fait obtenu un visa étudiant, en passant par Campus France, une organisation placée sous la tutelle des ministères des Affaires étrangères et de l’Enseignement supérieur français.

Ni le ministère malien de la Justice, ni celui de la Défense, ni l’état-major des armées du Mali n’ont pu confirmer l’existence d’une autorisation de sortie du territoire accordée au général Dembélé.