RCA: un officier de la Minusca tué dans une embuscade

Les Forces des Nations unies patrouillent dans les rues de Bangui, suite aux violences de mercredi, le 8 octobre 2014.
© PACOME PABAMDJI / AFP

En Centrafrique, un officier pakistanais a été tué lors d'une embuscade contre un convoi de la Minusca ce jeudi soir près de Bangui. Neuf autres casques bleus ont été blessés. Cette attaque a eu lieu au terme d'une nouvelle journée de violences sur fond d'un début de crise politique.

C'est la première fois que la Minusca, la mission de l'ONU en Centrafrique, est visée depuis son arrivée le 15 septembre. Les soldats ont été attaqués par des hommes armés de fusils d'assaut et de grenades alors qu'ils circulaient dans le district du PK11 aux abords de la capitale Bangui.

« Au soir d’une journée qui a encore vu la ville de Bangui être le théâtre de violences, une de nos patrouilles composée de soldats des contingents bangladeshi et pakistanais a été prise à partie à la hauteur du kilomètre 11. Cette embuscade de nuit a été traduite par la perte d’un de nos soldats, par un autre blessé grave et huit blessés plutôt légers », rapporte le général Babacar Gaye, représentant spécial et de l’ONU pour la Centrafrique et chef de la Minusca, qui dénonce une attaque contre le processus de paix. « Ce sont véritablement des ennemis de la paix qui se sont attaqués aujourd’hui aux forces de maintien de la paix », affirme-t-il. Plus tôt dans la journée, des véhicules de la Minusca avaient déjà été pris à partie. Rien n’indiquait cependant que les Nations unies étaient particulièrement ciblées.

Après une nuit marquée par des tirs incessants dans certains quartiers de Bangui, comme l'enclave musulmane du PK5, des groupes de miliciens anti-balaka ont investi ce jeudi matin les carrefours et dressé des barricades. La police de la Minusca, la mission des Nations unies, a démantelé certains de ces barrages, mais jusqu'en fin de journée les anti-balaka restaient présents sur les grands axes de Bangui, où ne circulait quasiment personne.

Appel à la démission de la présidente de transition

Les Banguissois sont en effet restés chez eux de crainte de nouveaux débordements. Aux violences de mercredi entre anti-balaka et musulmans du PK5 se sont ajoutées les revendications des anti-balaka qui avaient donné, dimanche, 48 heures à la présidente de transition, Catherine Samba Panza, pour démissionner.

Ce jeudi après-midi, le conseiller politique de la coordination des anti-balaka, Alfred Le Grand Ngaya, a affirmé que les anti-balaka continueront à occuper les rues pacifiquement jusqu'à la démission de la présidente de transition. Les anti-balaka reprochent au pouvoir la gestion opaque des fonds angolais. Dans le même temps, certains cadres de l'état-major de la Seleka commencent, eux aussi, à réclamer à voix haute le départ de la présidente de transition.

Joint par RFI, le Premier ministre centrafricain, Mahamat Kamoun, s'indigne de cette demande de démission qui, selon, lui émane de ceux qui ont mis à genoux le pays. « Il est inadmissible que les forces négatives anti-balaka et autres - qui ont mis à genoux ce pays qui est brisé – puissent continuer de prendre en otage tout un peuple et saper les efforts entrepris par les autorités de transition et la communauté internationale pour ramener la paix et la sécurité », a-t-il déclaré.

Mahamat Kamoun demande à la Minusca et aux forces internationale de neutraliser tous ceux qui veulent mettre en péril la transition : « Nous avons demandé au ministre de la Justice de prendre toutes les dispositions nécessaires pour traquer et poursuivre tous les auteurs de troubles dans notre pays », a déclaré, à RFI, le Premier ministre Mahamat Kamoun. Au-delà de la crise sécuritaire qui frappe Bangui depuis deux jours, c'est donc bien une crise politique de grande ampleur qui est en train de s'installer. 

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