Rwanda: les FDLR divisent une coalition de l’opposition

Faustin Twagiramungu.
© ©2010 Faustin Twagiramungu

Neuf mois après sa création, l'une des principales coalitions de l'opposition rwandaise vole en éclat. La Coalition des partis d'opposition pour le changement, CPC, avait été créée sous l'impulsion de Faustin Twagiramungu, l'ancien Premier ministre rwandais et comprenait en son sein, les FDLR. Alors que la communauté internationale durcit le ton face aux rebelles hutus rwandais et promet des opérations militaires si leur désarmement ne devient pas effectif d'ici la fin de l'année, le mouvement rebelle dénonce une trahison du président de la coalition.

Ce qui a fait voler la coalition en éclat, c'est un communiqué publié au nom de la CPC prônant, pour permettre un dialogue politique et éviter des opérations militaires, la mise à l'écart des chefs FDLR. Notamment ceux sous sanctions de l'ONU comme le président par intérim, Victor Byiringiro ou recherchés pour des crimes de génocide ou crimes de guerre comme l'homme fort des rebelles hutus rwandais, Sylvestre Mudacumura.

Le communiqué en question daté du 6 octobre dernier est signé Faustin Twagiramungu. « C'est un dictateur impertinent qui méprise ses collaborateurs », rétorque l'un des principaux intéressés Victor Byiringiro. Le président par intérim des FDLR a immédiatement publié son propre communiqué, lui aussi, au nom de la CPC, dénonçant une « trahison » de l'ancien premier ministre rwandais et affirmant le remplacer à la tête de la coalition.

« Quand Victor Byiringiro parle de mise à l'écart, il n'est pas sanctionné, mais si c'est moi qui le dis, je le suis », se plaint Faustin Twagiramungu. L'ancien premier ministre rwandais fait référence à une interview du président par intérim des FDLR sur RFI qui avait lui-même évoqué la possibilité de remettre Sylvestre Mudacumura à la CPI.

« Le différend est beaucoup plus ancien que ça », estime pour sa part Paulin Murayi, le président de l'UDR, un parti a décidé de se ranger derrière les FDLR. Paulin Murayi n'est autre que le gendre de Félicien Kaguba, accusé d'avoir financé le génocide et toujours recherché. Le président de l’UDR estime que Faustin Twagiramungu est quelqu'un qui a « toujours divisé au Rwanda en se mettant en avant ».

Le président du PS Imberakuri, aussi présenté comme membre de la CPC, refuse de prendre position. Bernard Ntaganda, libéré au Rwanda il y a quelques mois, estime qu'il a besoin d'y voir clair puisque la décision de rejoindre cette coalition avait été prise pendant sa détention. Signe tout de même d'une désolidarisation : Bernard Ntaganda assure qu'Alexis Bakunzibake, qui était jusqu'à juin son vice-président et qui avait rejoint la CPC au nom du PS Imberakuri, n'est plus dans les instances dirigeantes de ce parti.