RDC: la société civile craint une résurgence du M23

A Chanzun, le 5 novembre 2013, des soldats des FARDC surveillent des prisonniers suspectés d'avoir combattu dans les rangs du M23.
© REUTERS/Kenny Katombe

Alors que la division des droits de l'homme de la Monusco vient de sortir un rapport dénonçant les exactions commises par l'ancienne rébellion du M23, la société civile du Nord-Kivu, elle, met en garde depuis des semaines contre une possible réorganisation et l'infiltration d'ex-membres du M23.

La société civile du Nord-Kivu affirme avoir été alertée par la population des territoires de Rutshuru et du Nyiragongo, sur de possibles recrutements de jeunes. La Monusco parle pour le moment de simples rumeurs. C'est le groupe d'experts des Nations unies qui avait été le premier à parler dans son rapport de décembre dernier d'une possible réorganisation du M23, évoquant l'Ituri dans la province orientale. Le patron de la Monusco, Martin Kobler, s'en était même inquiété devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Depuis, plus rien. Jusqu'à l'arrestation, d'abord dans le Masisi fin août, d'un groupe d'ex-combattants du M23 qui, affirmaient les médias locaux, avaient envisagé de créer un nouveau mouvement, le M27. Aujourd'hui, les informations de recrutements proviennent d'autres territoires, de Rutshuru et Nyiragongo. « Nous avions reçu des informations faisant état de deux grandes réunions au Nord-Kivu, mais nous n'avons pas pu confirmer ces informations », a expliqué le chef de la Monusco à Goma, Ray Torrès, estimant qu'il s'agissait de rumeurs.

Impatience des ex-combattants

La Mission de l'ONU dit rester vigilante. « Il y a des éléments isolés qui sont appréhendés ça et là, mais les services de sécurité enquêtent », explique pour sa part, le coordonnateur congolais du mécanisme de suivi de l'accord-cadre d'Addis Abeba. François Mwamba assure qu'il est trop tôt pour confirmer ou infirmer une infiltration ou réorganisation.

« Nous n'avons pas demandé à ces éléments de rentrer au Congo », déclare le président du M23, Bertrand Bisimwa, qui rappelle avoir dénoncé ces arrestations. Côté M23, on évoque une impatience des ex-combattants, qui ne voient pas l'amnistie et le rapatriement avancer, mais se plaignent de voir les terres occupées et leurs biens spoliés.

Le M23 rejette les accusations de la Monusco

Le M23 rejette par ailleurs les accusations contenues dans le rapport de la division des droits de l'homme de la Monusco faisant état de graves exactions commises entre avril 2012 et novembre 2013. La mission de l'ONU y appelle l’Etat congolais à poursuivre en justice les membres de l’ex-groupe rebelle qui se sont rendus coupable de ces crimes.

Ce rapport, rendu public ce jeudi 9 octobre, après des mois d’enquête et cinq visites sur le terrain, recense 116 meurtres au moins, et 161 viols commis par les membres du M23. Bertrand Bisimwa, président du M23, rejette ces accusations au micro de RFI.

Il ressort des premiers éléments que nous avons, que ce rapport est fondé sur des propos qui ont été recueillis sur le terrain, et non des faits que la Monusco elle- même a pu observer tout le long de sa présence dans notre espace.
Président du M23
11-10-2014