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RCA

RCA: retour au calme précaire à Bangui après la mort d’un casque bleu

La force Sangaris sécurise un arrêt de bus à Bangui, le 8 octobre 2014.
© AFP PHOTO/PACOME PABAMDJI

La situation est revenue à un calme précaire, vendredi 10 octobre au soir, à Bangui après 48 heures de violences qui ont à nouveau fragilisé la capitale centrafricaine. Jeudi un casque bleu a été tué dans une embuscade contre un convoi de la toute nouvelle mission de l'ONU en RCA déployée le 15 septembre dernier. Un gendarme centrafricain a également été tué. Vendredi soir toutes les forces internationales Sangaris, EUFOR et Minusca étaient déployées sur les principaux axes de la ville, avec le soutien des forces nationales. La plupart des barricades érigées par les anti-balaka ont été démontées et les chefs de ces milices assurent qu'elles n'y sont pour rien.

En l'espace de trois jours, près de 6 000 personnes ont à nouveau fui leur domicile à Bangui pour rejoindre des sites de déplacés. Parmi eux, certains venaient tout juste de rentrer chez eux. Aimé-Mickaël, habite à Ramandji, un quartier dévasté par la crise. Depuis des semaines, au sein d'une association, il aide les candidats au retour à reconstruire leur vie au milieu des ruines. Aujourd'hui, il ne cache pas sa frustration.

« On avait tout fait de notre mieux pour que les gens reviennent, que nous puissions cohabiter ensemble comme auparavant, explique Aimé-Mickaël. Mais les choses ont vraiment dégénéré. Nous sommes vraiment très tristes pour le sort de notre pays. »

Au PK5, l'enclave musulmane de Bangui la vie reprenait peu à peu. Mais depuis mardi, le temps semble s'être arrêté. La présence de barrages de jeunes anti-balaka aux portes du quartier a réveillé de tristes souvenirs. Saoudi Adourahman Dodo, est l'un des porte-paroles de la communauté musulmane du quartier : « La situation est très tendue au kilomètre 5. Nous nous sommes beaucoup battus car on a cru que les actes et les engagements que les anti-balaka ont signés pour la paix avec nous étaient réels. Ca allait mieux mais malheureusement ça ne fait que revenir. »

De source sécuritaire, la plupart des barrages qui paralysaient Bangui avaient été levés vendredi soir grâce à l'intervention des forces internationales mais aussi, par endroits, de la population. Le directeur général de la gendarmerie nationale, Guy Bertrand Damongo, confirme que « certains habitants n'ont pas hésité à prêter main-forte », bien décidés à ne pas laisser la peur à nouveau l'emporter. « Désormais, nous sommes repartis dans toute la ville pour assurer la sécurité. »

 

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