Rwanda: le débat sur une révision de la Constitution est lancé

Paul Kagame, le 11 juillet 2012 à Londres.
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Au Rwanda, le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution prend forme. Trois partis présentés comme d'opposition se prononcent en faveur de la tenue d’un referendum ouvrant la voie à une révision de la Constitution pour permettre à Paul Kagame de se présenter pour un troisième mandat. Selon la Constitution rwandaise, Paul Kagame, l’homme fort du Rwanda depuis la fin du génocide en 1994, ne peut pas se représenter à la fin de son second et dernier mandat en 2017.

Parmi ces partis favorables à une modification de la Constitution, on retrouve l’aile légalement enregistrée du PS-Imberakuri. Pour sa présidente, Christine Mukabunani, le président rwandais semble d’ores et déjà plébiscité par le peuple. Il faut donc penser à préparer 2017 : « Sur le terrain, lorsque le président Kagame arrive il y a des gens qui lui demandent de se porter de nouveau candidat. Notre parti politique met devant la démocratie, c’est pourquoi nous donnons la parole à la population. Si la population accepte de changer la Constitution, alors nous aussi, nous sommes d’accord. »

Même son de cloche du côté du Parti démocratique islamique (PDI) de l’actuel ministre de l’Intérieur, Musa Fazil Harerimana. Interrogé par RFI, ce dernier a expliqué que son parti avait toujours été contre une limitation du nombre de mandats présidentiels, car dit-il, « il faut laisser le choix au peuple ». Musa Fazil Harerimana va même plus loin en estimant que le président actuel est le plus à même de diriger le pays.

Un autre parti, le PSP, cité par la presse rwandaise s’est également dit favorable à un référendum.

Au contraire, le Parti démocratique vert, dernier parti à avoir été enregistré au Rwanda et le seul à s’être depuis montré ouvertement critique, s’est prononcé contre une réforme de la Constitution. « Le respect de la limite du nombre de mandats permet le transfert pacifique du pouvoir et d'éviter le scénario d'un président à vie comme c’est le cas au Zimbabwe », a déclaré à RFI Frank Habineza, son président.

Pour rappel les Etats-Unis avaient mis en garde, en août dernier lors du Sommet Etats-Unis-Afrique, les dirigeants africains contre toute réforme de la Constitution, plaidant, non pas pour des hommes forts, mais des institutions fortes.