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Algérie

Algérie: les policiers manifestent devant la présidence

Des centaines de policiers manifestent devant le palais présidentiel, à Alger, ce mercredi 15 octobre.
© Crédit FAROUK BATICHE / AFP

En Algérie, les policiers responsables du maintien de l’ordre manifestent toujours dans la capitale. Des centaines d’entre eux étaient réunis mardi devant les bâtiments du Premier ministre. Ils se sont déplacés, ce mercredi 15 octobre, devant les locaux de la présidence. Les autorités tentent de désamorcer la crise.

Les premières manifestations ont commencé à Ghardaïa, et c’est depuis Ghardaïa que le ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaiz, a annoncé que la plupart des revendications des manifestants avaient été acceptées.

« Les revendications sont d’ordre social comme le logement, la nourriture, les conditions de travail et d’autres questions. On a discuté de tout ça avec les policiers. Pour le salaire, nous nous sommes entendus sur de nouvelles primes de missions et d’autres primes. Si on additionne tout ça, on dépasse leurs revendications de plus 15 000 dinars », a précisé le ministre de l’Intérieur.

Mais à Alger, le message n’est pas passé. Après avoir passé la nuit sur les pelouses, des centaines de policiers se sont regroupés devant les bâtiments de la présidence. Au fil des heures, de nouveaux groupes de policiers, venus d’autres casernes, venaient grossir la manifestation.

D’autres rassemblements se sont aussi formés dans l’après-midi dans les villes d’Oran, de Constantine, en Kabylie et dans l’est du pays.

A Alger, une délégation des policiers a finalement été reçue, ce mercredi en fin de journée, par le Premier ministre, Abdelamlek Sellal.

Des manifestations inédites

Ce mouvement est une première. Les policiers du pays n’ont jamais manifesté. Mais elle s’explique par le contexte social du pays.

Ces forces de maintien de l’ordre sont les premières confrontées à la violence. Emeutes dans les stades, émeutes du logement, affrontements entre bandes à coups de sabres dans certaines cités des grandes villes du pays. Face à cette violence, ils ont, comme la plupart des Algériens, des conditions de travail compliquées et des salaires qui résistent mal à l’augmentation du coût de la vie.

Mais ces manifestations ont lieu au moment où deux clans s’affrontent pour la succession à la tête du pays. Et de nombreux observateurs se demandent qui manipule qui. Car au-delà des revendications sociales, ces policiers ont une revendication politique : le départ du chef de la police. Or Abdelghani Hamel est un proche d’Abdelaziz Bouteflika.

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