Simone Gbagbo: une centaine de proches à ses côtés dans le box

Simone Gbagbo en 2009.
© AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

C’est désormais officiel, Simone Gbagbo va comparaître devant la Cour d’assises d’Abidjan à partir du 22 octobre. Elle sera donc jugée en Côte d’Ivoire conformément à ce que souhaitaient les autorités. Et elle ne sera pas la seule dans le box des accusés puisqu’une centaine de proches de Laurent Gbagbo seront à ses côtés poursuivis pour leur rôle dans la crise post-électorale de 2010-2011.

Ils sont près de 90 cités à comparaître devant la Cour d’assises de Côte d’Ivoire à partir de mercredi prochain, le 22 octobre. Parmi les accusés, on retrouve des chefs de file de l’opposition actuelle comme Pascal Affi N’Guessan pour le Front populaire ivoirien (FPI) ou l’ancien ministre Danièle Boni-Claverie, l’ancien chef de la garde républicaine le général Bruno Dogbo Blé ou encore l’ex-Premier ministre Gilbert Aké N’Gbo. Attendus aussi, les plus proches, les plus intimes de l’ex-président Laurent Gbagbo comme Michel, son fils et bien sûr Simone, son épouse.

Plus de 90 inculpations simultanées, de mémoire de juriste ivoirien, on n’avait jamais vu cela aux assises. Selon une source proche de la défense, jour après jour, chacun devra comparaître seul devant ses juges pour répondre du chef d’accusation d’ « atteinte à la sûreté de l’Etat ». Certains pour corruption de fonctionnaires, organisation en bande armée, d’autres pour xénophobie ou encore pour usurpation de titres.

Un procès en deux temps

C’est dans un deuxième temps que les accusations pour crime de sang, pour génocides, pourraient être constituées sitôt les dossiers d’instruction bouclés. Deux procédures sont encore en cours.

Reste que durant les deux ou trois mois que devrait durer ce procès, tous les regards seront tournés vers Simone Gbagbo dont on ne connaît pas encore le jour de comparution. La plus célèbre prisonnière d’Odienné est, selon l’un de ses avocats, sereine face aux audiences qui s’annoncent. Sa volonté a été écoutée, affirme son défenseur, puisqu’elle n’avait qu’un souhait : être jugée dans son pays.

Quid de la CPI

En effet, l’ex-Première dame, contrairement à son mari déjà poursuivi devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, devra répondre de ses actes devant la justice ivoirienne. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’elle ne sera jamais présentée devant la justice internationale.

La Côte d’Ivoire est-elle en train de mettre les bouchées doubles pour éviter que Simone Gbagbo ne soit jugée devant la CPI ? Certains observateurs le pensent, mais la partie n’est pas encore gagnée. Lors de ce procès, annoncé à Abidjan, Simone Gbagbo est poursuivie pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » et non pour « crimes contre l’humanité » comme le réclame la CPI.

Une procédure pour génocide est bien lancée en Cote d’Ivoire, mais l’instruction est toujours en cours, explique-t-on au sein du FPI. En l'état, rien n'oblige donc la Cour de La Haye à renoncer à des poursuites.

Par ailleurs, Abidjan doit encore convaincre la CPI que la justice ivoirienne est en mesure d’offrir à l’ex-Première dame un procès juste et équitable. La semaine dernière, déjà, les autorités ont versé de nouvelles pièces au dossier. Notamment des procès-verbaux d'interrogatoires récents destinés à prouver que le dossier avance à Abidjan. Les juges de La Haye examinent le dossier, mais ne se sont pas encore prononcés. Le bras de fer n’est donc pas terminé.