Nigeria: vers un accord de cessez-le-feu avec Boko Haram

Les manifestations réclamant le retour des lycéennes enlevées par Boko Haram sont devenues quotidiennes au Nigeria. Ici, lors d'un sit-in à Abuja, le jeudi 15 mai.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Selon une annonce faite par les autorités nigérianes vendredi 17 octobre, un accord aurait été trouvé avec le groupe islamiste Boko Haram. Il serait essentiellement question d'une trêve.

Le chef d'état-major de l'armée nigériane, Alex Badeh, a annoncé cet accord de cessez- le-feu à l'issue d'une conférence de presse à Abuja. Plus tôt dans la journée, la présidence nigériane avait fait des déclarations dans le même sens à l’AFP.

L'insurrection islamiste, qui sème la terreur dans son fief du nord-est du Nigeria, a tué plus de deux mille civils depuis le début de l'année, selon un décompte de Human Rights Watch.

Hassan Tukur, le bras droit du président Goodluck Jonathan, a également annoncé qu'un accord avait été obtenu pour la libération des lycéennes de Chibok, enlevées il y a six mois. 216 seraient encore entre les mains des jihadistes. Joint par RFI, le porte-parole du gouvernement nigérian a été plus prudent. « Boko Haram a donné des garanties sur la bonne santé des lycéennes, mais les négociations sur leur libération se poursuivent, sous l'égide de la présidence tchadienne », a précisé Mike Oméri. Les pourparlers se déroulent à Ndjaména, selon cette même source, à la demande des insurgés islamistes.

Les experts sont sceptiques

Des informations à prendre avec précaution donc. Plusieurs experts se sont déjà dits très sceptiques. Le parti d'opposition APC, lui aussi, attend des détails avant de se prononcer. N’oublions pas le contexte : cette annonce intervient alors que Goodluck Jonathan devrait bientôt annoncer qu’il briguera un deuxième mandat lors des élections de février prochain.

Par ailleurs, lors d’une intervention vendredi soir au siège de l’OCDE à Paris, François Hollande a affirmé avoir reçu des « informations » sur la libération « dans les heures ou dans les jours qui suivent » de plus de 200 lycéennes enlevées mi-avril par Boko Haram au Nigeria. « Nous avons des informations qui laissent penser que ça pourrait venir dans les heures ou dans les jours qui suivent », a-t-il déclaré.