Le MNLA dénonce une attaque contre ses positions dans le nord du Mali

Le MNLA a qualifié cette attaque de violation grave du cessez-le-feu et accuse le gouvernement de vouloir saboter le processus de paix enclenché à Alger.
© REUTERS/Joe Penney

Dans le nord du Mali, des affrontements ont eu lieu jeudi dans la localité de Ntililte, dans la région de Gao. Ils ont opposé des milices pro-gouvernementales aux rebelles touaregs du MNLA. Les échanges de tirs ont commencé à 10h30 lorsqu’une vingtaine de véhicules, selon le MNLA, ont lancé l’attaque sur les positions tenues par les rebelles touaregs. Hier soir, les combats avaient cessé, mais la situation demeure toujours très tendue.

« Nous avons tenu jusqu’à 17h30, explique un cadre du MNLA, après quoi nous avons été contraints à un repli tactique ». Les rebelles touaregs seraient toujours « à quelques kilomètres » de Ntililte.

Selon le MNLA, les assaillants seraient des milices pro-gouvernementales, commandées par des militaires maliens, notamment par des hommes du général Ag Gamou. Les rebelles touaregs affirment même que des blindés maliens auraient été envoyés en renfort et dénoncent une « violation grave du cessez-le-feu » en cours.

En visite à Gao, le général Didier Dacko, chef d’état-major adjoint de l’armée malienne, dément l’implication de l’armée et précise que le général Ag Gamou est actuellement à Bamako. « Nous n'avons pas d'informations précises sur ce qui se passe à Ntililte, affirme le général Didier Dacko. Nous savons qu'il y a quelques éléments de groupes signataires qui sont stationnés dans le secteur de Ntililte. Mais nous n'en savons pas plus. Vous savez, les milices gouvernementales ce sont des groupes que nous ne contrôlons pas. Nous avons donc des difficultés à savoir ce qu'ils font sur le terrain ».

Du côté de la Mission des Nations unies au Mali, on préfère ne pas s’avancer sur l’identité des assaillants. Des hélicoptères et des drones ont survolé la zone et un bataillon nigérien a été envoyé sur place en fin de journée, jeudi, accompagné d’une équipe mixte d’observation et de vérification. Au sein de cette équipe, des membres des différents groupes armés impliqués dans le processus de paix doivent initier des discussions avec les différentes parties pour ramener le calme.

Ces affrontements surviennent alors que les pourparlers pour la paix entre Bamako et les groupes rebelles sont sur le point de reprendre à Alger. Selon une source politique onusienne, « chacun veut montrer ses muscles pour influencer les discussions ».

Nous ne saurions clairement déterminer les motivations inavouées des autorités de Bamako en procédant à un tel sabotage du processus de paix.
Moussa Ag Attaher
17-10-2014 - Par Olivier Rogez