Boko Haram: incertitude sur le cessez-le-feu et le sort des lycéennes

Manifestation à Abuja le 18 juin 2014 du collectif #BringBackOurGirls (rendez-nous nos filles), né après l'enlèvement des 200 lycéennes de Chibok en avril dernier.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

L'incertitude demeure sur la libération de plus de 200 lycéennes dont l'enlèvement mi-avril avait suscité un émoi international, au lendemain de l'annonce par le Nigeria d'un accord de cessez-le-feu avec le groupe islamiste armé Boko Haram.  

La présidence du Nigéria a-t-elle crié victoire trop rapidement, alors que les détails et les sous-titres de l'accord avec Boko Haram sont loin d'être tous définis ? Le chef de l'Etat, Goodluck Jonathan, est pourtant très bien informé car c'est son directeur de cabinet qui a mené en direct les négociations, début et fin septembre, avec les deux émissaires du groupe islamiste.

Et visiblement l'accord contient plusieurs étapes. La première est effective : il y a huit jours Boko Haram a libéré 27 otages camerounais et chinois enlevés fin mai.

La prochaine étape, annoncée à la fois par le Nigeria et le négociateur tchadien c'est un possible cessez-le-feu. Ce ne serait pas la première fois mais jamais les arrêts des hostilités déjà annoncés entre l'armée et les combattants islamistes n'ont jamais été respectés.

Lycéennes de Chibok: une monnaie d'échange

Enfin, et c'est le coeur de cette négociation car leur histoire a fait le tour du monde : c'est le sort des 200 lycéennes de Chibok kidnapées en pleine nuit il y a 6 mois. Vendredi matin, la présidence du Nigeria a annoncé une libération d'ici quelques jours, mais hier soir, revirement des autorités dont un responsable affirme : « Nous ne sommes pas encore tombés d'accord avec Boko Haram ».

En coulisses se jouerait l'échange des jeunes femmes contre des membres de Boko haram détenus dans des prisons. Les négociations sur ce point précis pourrait avoir lieu ce week end d'après la médiation tchadienne.

→ à relire : l'entretien avec le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat