Nigeria: le sort des lycéennes dépend des négociations avec Boko Haram

Une manifestation appelant à la libération des lycéennes enlevées par Boko Haram, le 17 octobre 2014 à Abuja.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Au Nigeria, les autorités ont annoncé un accord de cessez-le-feu avec les insurgés islamistes de Boko Haram qui sèment la terreur dans le nord-est du pays et qui ont mené plusieurs attentats à la bombe dans la capitale Abuja. Les autorités font part d'informations contradictoires sur la libération des quelques deux cent lycéennes de Chibok aux mains des insurgés depuis cent quatre-vingt-sept jours mais les discussions portent sur l'élargissement de toutes les otages de Boko Haram. Les autorités tchadiennes ont parrainé les négociations qui se sont déroulé les 14 et trente septembre dans la capitale tchadienne, négociations précédées de plusieurs rencontres au cours du mois de juillet et du mois d'août. Les pourparlers selon N'Djamena, ont eu lieu à l'initiative de Boko Haram.

La présidence nigériane a fait part d'un accord sur la libération des lycéennes de Chibok. Elle affirme que les émissaires de Boko Haram lui ont assuré qu'elles étaient en vie et en bonne santé. Le ministre des Affaires étrangères du Tchad, présent aux négociations, parle lui d’un engagement de principe, Moussa Faki Mahamat n’a pas non plus d’information sur leur état de santé et ignore si elles sont détenues dans un même lieu.

Il affirme en revanche que l'émissaire du président Goodluck Jonathan s'est engagé à libérer des geôles nigérianes des insurgés de Boko Haram. Abuja s'est bien gardé de communiquer sur ce volet vendredi. La liste des détenus islamistes à élargir fera l’objet de pourparlers ultérieurs, ils pourraient avoir lieu dès ce weekend selon la médiation tchadienne qui estime que les deux émissaires de Boko Haram, Cheick Goni Hassan et Boucar Umaru, la quarantaine, sont sans doute représentatifs des insurgés.

Il semble que c'est cet élargissement de la liste de détenus jihadistes qui déterminera le sort des lycéennes de Chibok. La médiation tchadienne affirme que la libération par Boko Haram des 27 otages chinois et camerounais le 11 octobre, a permis aux deux parties de poser le deuxième acte pris lors des négociations, à savoir la déclaration d'un cessez-le-feu. Alors que des zones d'ombre subsistent, N’Djamena assure que Boko Haram s'est bien engagé à mettre fin aux hostilités. Au Nigeria, l'opposition et les experts sont sceptiques devant cette avalanche d'annonces qui intervient alors que le président Goodluck Jonathan s'apprête à déclarer sa candidature pour un deuxième mandat.

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