Ebola: les contrôles au départ des aéroports plus efficaces

Le docteur Philippe Bargain fait une démonstration du test de température désormais pratiqué à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle à Paris, le 17 octobre 2014.
© REUTERS/Philippe Wojazer

Comment lutter efficacement contre la propagation du virus Ebola ? Selon une étude publiée mardi 21 octobre dans la revue médicale The Lancet, la manière la plus efficace serait de réaliser des contrôles dans les aéroports internationaux des trois pays touchés par le virus sur les personnes en partance. Ces contrôles permettraient ainsi d’éviter le départ de trois voyageurs infectés par mois.

Contrôler les voyageurs au départ des aéroports des pays touchés par Ebola, à savoir la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, serait donc le moyen plus efficace pour empêcher la propagation du virus. Sans ce dépistage, qui implique une prise de température et un questionnaire à remplir, près de trois voyageurs infectés pourraient prendre chaque mois un vol international, d’après les estimations des chercheurs qui ont réalisé l’étude publiée dans The Lancet.

« La meilleure approche pour réduire le risque pour la communauté mondiale est de contrôler l’épidémie à sa source », explique le Dr Kamran Khan, le coauteur de l’étude. Car effectuer des contrôles au départ des aéroports des pays touchés par le virus Ebola est plus simple en termes de moyens. Seuls trois aéroports seraient alors concernés, les aéroports internationaux de Conakry, de Freetown et de Monrovia. Ce chiffre est nettement inférieur à celui des aéroports d’arrivée, au nombre de seize, et connectés avec 1 238 villes.

Autre argument avancé par les chercheurs en faveur de cette solution : le contrôle à l’arrivée n’aurait pas une très grande utilité. En effet, la période d’incubation du virus Ebola est de 21 jours au maximum, une durée bien plus grande que celle d’un vol international. Et les personnes ne deviennent contagieuses qu’après l’apparition des premiers symptômes, comme la fièvre, la fatigue et les courbatures.

Des difficultés pour certains pays à identifier le virus

Pour réaliser cette étude, les chercheurs du Canada, d’Europe et des Etats-Unis ont aussi examiné les vols prévus en 2014 ainsi que l’itinéraire des voyageurs en 2013 au départ de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone. Ils se sont rendu compte que 64 % de ces passagers se rendaient dans des pays à revenus moyens, inférieurs ou faibles. Or, « étant donné que ces pays ont des ressources limitées en matière de médecine et de santé publique, ils peuvent avoir des difficultés à identifier rapidement et répondre efficacement aux cas signalés d’Ebola », souligne le Dr Khan.

Autre constat de l’étude, près de la moitié des 550 000 voyageurs qui s’envolent des trois pays touchés par Ebola ont pris un vol pour se rendre dans un de ces cinq pays : le Ghana (17,5 %), le Sénégal (14,4 %), le Royaume-Uni (8,7 %), la France (7,1 %) et la Gambie (6,8 %).

Depuis quelques jours, la France, le Royaume-Uni et la Belgique ont mis en place des procédures de dépistage à l’arrivée des vols en partance des trois pays touchés par Ebola. L’Union Européenne, elle, a décidé d’examiner l’efficacité des contrôles réalisés dans les aéroports de Conakry, Freetown et Monrovia. L’épidémie d’Ebola a fait pour l’instant plus de 4 500 victimes.