Côte d’Ivoire : le procès de Simone Gbagbo retardé

Un partisan de l'ex-président de la Côte d'Ivoire passe devant une affiche annonçant une conférence de presse de l'ex-première dame Simone Gbagbo, en décembre 2013.
© AFP PHOTO / HERVE SEVI

En Côte d’Ivoire, c’est ce mercredi 22 octobre que le procès de Simone Gbagbo et de ses 82 co-accusés pour atteinte à la sûreté de l’Etat aurait dû avoir lieu. Il prend néanmoins du retard dans ses préparatifs d’où des interrogations de part et d’autre sur l’appareil judiciaire ivoirien qui ne serait pas à même de conduire un procès en Cour d’assises. « Pas du tout », réplique Affoussiata Bamba-Lamine, porte-parole adjointe du gouvernement qui a affirmé, ce mercredi après-midi, en conférence de presse, après le Conseil des ministres, que le procès de Simone Gbagbo « aura bel et bien lieu ».

Affoussiata Bamba-Lamine a reconnu qu’il y avait des retards et un déficit de communication, mais a tenu à préciser que les choses vont rentrer dans l’ordre.
« Il ne faut pas avoir d’inquiétude. Je veux vous rassurer », a-t-elle insisté.

Lors de ce point de presse, elle a également donné des précisions sur les jurés soulignant ainsi un point intéressant, car depuis plusieurs jours les avocats de la défense et le Front populaire ivoirien (FPI) – le parti fondé par Laurent Gbagbo - mettent en avant l’origine des six jurés qui devront se prononcer dans ce procès aux Assises.

Pascal Affi Nguessan, président du FPI, soulignait encore il y a quelques jours, à une conférence de presse, que ces jurés ont des noms à consonance du Nord, sous-entendu pro-gouvernementaux, et donc hostiles aux accusés.

Or, Affoussiata Bamba-Lamine, au cours de nos échanges, ce mercredi matin, a indiqué que les jurés avaient été choisis en concertation - comme c’est à chaque fois le cas entre accusation et défense - et que les avocats de la défense avaient l’entière liberté pour récuser des individus qui ne leur conviendraient pas, « ce qu’ils n’ont pas fait », a souligné la porte-parole adjointe du gouvernement ivoirien.

Pour la ministre, par conséquent, l’éventuel esprit partisan des jurés dans cette affaire - qui déchaîne les passions - n’aura pas lieu d’être invoqué par la défense, lors de la tenue du procès.

Je veux clairement dire que ce n’est pas parce que la communication n’a pas été faite depuis ces quelques jours qu’on peut préjuger de la faiblesse de l’appareil judiciaire. Bien au contraire, l’appareil judiciaire de la Côte d’Ivoire est là et donc nous allons juger les personnes qu’il y a à juger.
Affoussiata Bamba-Lamine
22-10-2014 - Par Frédéric Garat