Burkina: une campagne de désobéissance civile contre le référendum

Pour l'heure, la Constitution burkinabè n'autorise pas le président Blaise Compaoré à se représenter.
© REUTERS/Noor Khamis

La réaction de l’opposition burkinabè ne s’est pas fait attendre après l’annonce du projet de loi du gouvernement en vue de convoquer un référendum pour modifier l’article 37 de la Constitution. Une consultation qui vise à rendre possible la candidature à l’élection de 2015 du président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans. Les opposants entameront une campagne de désobéissance civile permanente et le point de départ de cette lutte sera marqué par une journée nationale de protestation le mardi 28 octobre.

Pour protester contre ce qu’elle qualifie de « coup d’Etat constitutionnel », l’opposition burkinabè, réunie autour du chef de son chef de file, entame sa campagne de désobéissance civile par une journée nationale de protestation dans tout le pays.

« Je ne vois même pas ce vote avoir lieu puisque nous rentrons dans une phase de lutte pour qu’il n’ait pas lieu, mais si jamais il avait lieu, je ne vois plus quelle crédibilité un député pourra avoir à nos yeux, explique Sara Sérémé, présidente du Parti pour la démocratie et le progrès. Nous n’avons pas fixé de date limite tant que nous n’aurons pas atteint notre objectif ».

Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition, demande aux députés de se joindre à leur lutte contre toute modification de l’article de 37 de la Constitution : « L’opposition politique appelle tous les députés patriotes épris de paix et de liberté à faire montre de dignité et à se démarquer du clientélisme. C’est maintenant au peuple burkinabè qu’il appartient de prendre son destin en main, de s’assumer. C’est aux Burkinabè de savoir ce qu’ils veulent et de le manifester ».

L’opposition politique exige « le retrait immédiat et sans condition » du projet de loi gouvernemental.

Les pays africains et la tentation de la révision constitutionnelle

La réaction de la rue et de la communauté internationale sera scrutée de près dans les autres pays où la tentation d'une révision constitutionnelle existe aussi.

C’est officiellement « pour faire avancer la démocratie » que le président du Congo-Brazzaville souhaite un référendum. Accessoirement, l’article 57 de la Constitution empêche Denis Sassou-Nguesso, réélu en 2009, de se présenter pour un nouveau septennat en 2016.

Son camp soutient le concept d'une révision alors qu'en République démocratique du Congo elle divise en profondeur la majorité présidentielle. L'opposition, la société civile et les Eglises y sont opposées ; Washington aussi. Le président Joseph Kabila ne s'est pas encore prononcé sur ses intentions pour 2016.

Au Burundi, Pierre Nkurunziza est lui ouvertement candidat et il compte se représenter l’an prochain sans passer par la case révision. L’article 96 stipule que « le président est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois ». Les soutiens de Nkurunziza estiment que techniquement il n’a effectué qu’un seul mandat, car ce sont les parlementaires qui l’ont porté au pouvoir en 2005.

Enfin au Rwanda, trois petites formations politiques proches du pouvoir viennent de lancer le débat sur un troisième septennat pour Paul Kagame en 2017. L'intéressé n'y voit pas d'inconvénient. En avril, il avait déclaré : « Je ne connais pas un seul pays où la Constitution soit immuable ».

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