Liberia: la double peine des petits orphelins d'Ebola

Alicia dans les bras de sa grand-mère Amie Samah, le 23 octobre 2014 dans le bidonville de West Point, à Monrovia.
© Sébastien Németh / RFI

C'est un véritable casse-tête. L’épidémie a fait des milliers d’orphelins d’au moins un des deux parents en Afrique de l’Ouest. A Monrovia, au Liberia, très peu de structures existent pour prendre en charge ces enfants qui se retrouvent parfois rejetés. Une stigmatisation due à la peur du virus. Mais parfois, comme à West Point, le grand bidonville de Monrovia, la solidarité prend le dessus.

Elle a la démarche fragile, la tignasse blonde et la peau blanche. Alicia a 14 mois. Elle est presque une miraculée après à la disparition de sa mère, morte d’Ebola. Le bébé a ensuite été rejeté. C’est sa grand-mère, Amie Samah qui l’a recueillie.

« Personne ne voulait la prendre, raconte-t-elle. D’abord parce qu’elle est albinos, et puis les gens avaient peur de tomber malades. L’autre grand-mère a refusé de s’occuper d’elle, alors moi je l’ai recueillie. C’est vrai, j’ai mal quand je pense à Ebola. Vraiment mal. Parfois, la peur me réveille pendant mon sommeil. Mais j’ai déjà beaucoup de petits-enfants. Pour moi, la différence de couleur, la maladie ne sont pas des problèmes. Elle a mon sang. Elle est ma famille. Alors je l’ai prise. Tout le monde ici l’a accueillie. Vous voyez, elle joue avec les autres enfants du quartier. Ils l’acceptent. Quand elle est arrivée, c’était un bébé, maintenant elle marche. Evidemment que je prendrai soin d’elle toute ma vie ».

A Monrovia, la prise en charge des enfants d’Ebola est lente. Pour les garder, l’Unicef a mis en place un réseau de survivants du virus, en principe donc immunisés. L’organisation veut en recruter et en former 2 500 dans les six mois, notamment pour s’occuper des petits mis en quarantaine. En attendant, la solidarité des Libériens prend le relais.

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