Afrique du Sud: le syndicat Numsa crée son propre parti politique

Des membres de la Nation Union of Metalworkers of South Africa (Numsa) en grève à Durban, le 23 août 2013.
© REUTERS/Rogan Ward

C’est un bouleversement dans le paysage politique sud-africain : le plus gros syndicat du pays, le Syndicat national de la métallurgie a annoncé sa rupture avec le parti au pouvoir, l’ANC. Numsa va créer son propre parti politique. Pour autant, il indique ne pas vouloir quitter la puissante confédération des syndicats, la Cosatu, pourtant alliée du gouvernement.

Cela fait des mois que la rupture est amorcée et c’est désormais chose faite : Numsa a officiellement annoncé qu’il rompait avec l’ANC. Le syndicat va lancer son propre parti dès le mois de décembre. Cette nouvelle formation s’appellera le Front uni et sera un mouvement plus ancré à gauche.

Pour le secrétaire général de Numsa, Jim Irvin, la classe ouvrière a besoin d’un parti qui défend ses intérêts. Cela fait des mois, voire des années, que Numsa accuse l’ANC d’être trop libérale et critique l’administration du président Jacob Zuma caractérisée par ses scandales et son népotisme. En décembre dernier déjà, Numsa avait appelé à ne par voter pour l’ANC lors des élections générales.

Pour le Congrès national africain, cette décision est une claque. Le parti historique fait face à des critiques et une opposition de plus en plus importante. D’autant plus, que Numsa a près de 330 000 membres, soit autant de votes potentiels. A un an et demi des élections locales, c’est donc un coup dur pour le parti au pouvoir.