Au Burundi, la Céni dans la tourmente

Opération de vote au Burundi.
© AFP PHOTO/Esdras NDIKUMANA

Le ton monte au Burundi contre la Commission électorale nationale indépendante. Après les Commissions électorales provinciales, il y a deux semaines, les Commissions électorales communales indépendantes (Céci) ont vu le jour. Et la révolte gronde, car l’opposition, la société civile et même certaines formations politiques réputées proches du pouvoir dénoncent des Céci sous la coupe du parti CNDD-FDD, à la tête du pays.

Un représentant du parti CNDD-FDD au pouvoir au Burundi, un autre pour l’administration contrôlée par ce même parti, un troisième et parfois un quatrième représentant issu soit d’une organisation de la société civile inféodée à ce parti ou un de ses partis satellites : trois à quatre des cinq membres qui composent les 129 Commissions électorales communales qui viennent d’être mises en place au Burundi seraient ainsi des militants ou des proches du parti au pouvoir.

De quoi susciter l’ire de l’opposition radicale regroupée au sein de l’Alliance démocratique pour le changement au Burundi : « Avec ça, la Céni s’est totalement discréditée et est au service du président de la République qui l’a nommée », estime le porte-parole du parti, Chauvineau Mugwengezo.

La Céni tente de calmer le jeu. Son président, Pierre-Claver Ndayicariye, a rappelé mercredi sur la station locale Isanganiro, que la nomination de ces Commissions électorales communales n’était pas du ressort de la Céni, mais bien des commissions provinciales, elles-mêmes déjà décriées. Avant d’insister sur le fait que « la Céni n’est pas là pour régler les questions de chômage au Burundi. Donc l’incompréhension ou l’insatisfaction souvent chez certains, c’est parce qu’ils ne retrouvent pas certains membres de leurs organisations qu’ils auraient voulu faire figurer dans les Céci ».

L’opposition n’en démord pas et accuse la Céni de chercher à botter en touche.