Torture au Zimbabwe: l’Afrique du Sud va devoir enquêter

Le palais de justice de Pretoria, en Afrique du Sud.
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L’Afrique du Sud va devoir enquêter sur des cas de torture au Zimbabwe. La Cour constitutionnelle sud-africaine a ordonné, ce jeudi 30 octobre, à la police nationale d'ouvrir une enquête sur des cas de tortures d'opposants zimbabwéens, dont certains vivent aujourd’hui en Afrique du Sud. C’est une victoire pour les victimes et les associations de défense des droits de l'homme qui ont déposé la plainte et qui, depuis, se battent pour l’ouverture d’une enquête.

Les faits remontent à 2007, un an avant l'élection présidentielle au Zimbabwe. Lors d’un raid de la police sur les locaux du principal parti d’opposition - le Mouvement démocratique pour le changement - une centaine de personnes sont arrêtées, détenues et torturées. Nombre de ces victimes vivent aujourd’hui en Afrique du Sud où a été déposée une plainte.

Le parquet sud-africain a toujours refusé d'enquêter sur ces accusations, expliquant ne pas vouloir nuire aux relations diplomatiques entre les deux pays, mais aujourd’hui la Cour constitutionnelle lui a intimé l’ordre d’ouvrir une enquête.

La Cour a conclu que l’Afrique du Sud a « le devoir d'enquêter » en vertu de sa Constitution et de ses obligations légales internationales. Pour Angela Mudukuti, du Centre des litiges d'Afrique Australe - une des associations de soutien aux victimes – c’est une victoire.

« En termes juridiques, ils ont épuisé absolument tous les recours possibles. Ils ne peuvent plus faire appel ; ils doivent ouvrir une enquête. Les accusés viennent régulièrement en Afrique du Sud. Les victimes et les témoins sont également en Afrique du Sud. Il y a des preuves, ici, qui doivent être examinées », a-t-elle déclaré.

La Cour a indiqué que l'enquête sera exclusivement conduite sur le sol sud-africain pour respecter le principe de non-ingérence. L’identité des victimes et des accusés n’a pas été rendue publique.