Tunisie: Nida Tounes remporte officiellement les législatives

Beji Caïd Essebi, leader de Nida Tounes, premier parti à l'Assemblée tunisienne. Le 28 octobre 2014, à Tunis.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

Le parti Nida Tounes, parti laïc né en 2012, est arrivé en tête des élections législatives tunisiennes avec 85 sièges. Il devance ainsi le parti islamiste Ennahda, qui avait remporté le scrutin de 2011 et qui obtiennent cette année 69 sièges. Cependant, plusieurs étapes restent à franchir.

Avec ses 85 députés, Nida Tounes a réussi son pari : devenir le principal contre-poids au parti islamiste. Ennahda s’en sort pourtant honorablement. Ses 69 sièges lui offrent la deuxième position, mais il en perd 20 par rapport à 2011. Un désaveux.

Ces résultats confirment la bipolarisation de la scène politique, au détriment de plus petits partis. Avec d’abord la dégringolade des alliés d’Ennahda au sein de la Troïka au pouvoir pendant deux ans et demi : le Congrès pour la République et Ettakatol. Beaucoup de leurs soutiens ne leur ont pas pardonné leur alliance et leur effacement face aux islamistes.

Tollé également pour El-Masar, parti qui avait pesé dans les débats sur la Constitution.
Au contraire, le Front populaire monte en puissance. Cette coalition de gauche obtient 15 députés.

D’autres créent la surprise, comme l’Union patriotique libre du milliardaire Slim Riahi, populiste et difficile à situer idéologiquement. Il s’impose à la troisième place avec 16 députés.

Plus discret, Afek Tounes, parti libéral, passe de 4 sièges à 8 sièges. Autant de petites formations auxquels Nidaa Tounes pourrait s’allier pour former une majorité. Mais elle risquerait d’être fragile.

Trois scenarii possibles après les présidentielles

Selon la députée Leyla Hamrouni, membre du bureau executif de Nidaa Tounes, qui vient d'être élue pour le Grand Tunis, il faudra attendre les résultats de l'élection présidentielle du 23 novembre prochain pour affirmer les alliances possibles d'autant plus que les partis vont entrer en campagne pour le prochain scrutin. Néanmoins, selon elle, trois options se dessinent :

« ll y a la possibilités d'union nationale; il y a la possibilité d'un gouvernement de technocrates parrainé par les partis politiques. Cela dit, il y a d'autres possibilités. Il peut y avoir une cohabitation, ce qui ne veut pas dire union. Ce sont trois hypothèses possibles. Aucune n'a été choisie. On attend les élections présidentielles. quand les choses seront terminées, nous pourront nous prononcer. La première chose que nous ferons, c'est avoir des entretiens avec les petits partis proches de nous. »

Les élections présidentielles auront lieu le 23 novembre prochain.