Premières réactions internationales au départ de Blaise Compaoré

Quartier général de l'armée burkinabè, à Ouagadougou le 31 octobre 2014.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Le président Compaoré a annoncé, vendredi 31 octobre 2014, qu'il quittait le pouvoir après 27 ans de règne à la tête du Burkina Faso. La présidence française « salue » sa démission, « qui permet de trouver une issue à la crise » et appelle à « la tenue rapide d'élections démocratiques ». L'Union européenne considère qu'il revient « au peuple burkinabè de décider de son avenir ».

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François Hollande est le premier chef d'Etat à s'être exprimé publiquement sur le sort de Blaise Compaoré. Par communiqué, le président de la République française a affiché ce vendredi sa « solidarité avec les victimes des violences de ces derniers jours ». Alors que la confusion règne sur les contours de la transition qui s'ouvre, « la France rappelle son attachement à la Constitution et donc à la tenue rapide d'élections démocratiques » au Burkina Faso. Le président Hollande a renouvelé son appel « au calme et à la retenue » de « l'ensemble des acteurs ».

« L'Union européenne suit avec préoccupation la situation au Burkina Faso, et déplore les actes de violence ainsi que la perte de vies humaines à la suite des affrontements d'hier entre manifestants et forces de l'ordre », a déclaré par communiqué Sébastien Brabant, porte-parole da la diplomatie de l'UE, ce vendredi. « A la suite de l'annonce par le gouvernement du retrait du projet de loi sur la réforme de la Constitution, nous appelons au sens de la responsabilité de toutes les forces politiques, de l'armée et des institutions républicaines ainsi que du peuple burkinabè pour construire ensemble un nouvel avenir pour le pays, de façon apaisée, dans le respect des principes démocratiques et de la Constitution », a-t-il ajouté.

« Nous nous tenons prêts à travailler auprès du peuple burkinabè pour assurer un retour à la normalité, y compris par l'organisation des élections », conclut le porte-parole de la diplomatie européenne, qui assure que l'Union travaille étroitement avec ses partenaires internationaux, pour « assurer une réponse coordonnée à la situation et garantir le respect de la Constitution ». L’ONU et l'Union africaine ont annoncé dès jeudi l'envoi d'émissaires sur place pour essayer, aux côtés de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) d'organiser au mieux la transition politique.

L'ONU et l'UA envoient leurs émissaires

A Washington on appelle à une transition dans le respect de la Constitution. La Maison Blanche a exprimé son inquiétude face aux informations selon lesquelles le chef d'état-major de l'armée assume désormais les responsabilités de chef de l'Etat : « Nous condamnons fermement toute tentative de prise de pouvoir par des moyens qui ne sont pas conformes à la Constitution. »

« Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a pris acte vendredi de la démission du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré à la suite de la détérioration de la situation de la sécurité dans ce pays », précise un communiqué. « Le secrétaire général exhorte toutes les parties à faire preuve de calme et de retenue et à recourir au dialogue pour résoudre la crise actuelle », a souligné le porte-parole de Ban Ki-moon. Le représentant spécial pour l'Afrique de l'Ouest, Mohammed Ibn Chambas, est arrivé ce vendredi matin à Ouagadougou. Cette visite fait partie d'une mission conjointe qui comprend également le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et le commissaire de l'Union africaine pour les affaires politiques.

Réactions africaines

« Le peuple congolais suit de près ce qui se passe au Burkina Faso et moi-même je suis ça depuis que ça a commencé. Je crois que les Burkinabè n’avaient pas le choix que de réagir ainsi devant l’entêtement de leur président, qui 27 ans après, voulait s’insuffler encore un autre mandat, a déclaré le chef du parti d’opposition ARD ce vendredi sur RFI. C’est la même chose dans notre pays où Denis Sassou-Nguesso après tant d’années de règne sans partage souhaite encore s’offrir un troisième mandat à la tête de l’Etat. Alors, je crois que c’est un avertissement. C’est un message qui est pour tous les chefs d’Etat africains qui sont dans cette perspective-là et qui souhaitent encore à la tête de leur pays au lieu de permettre un jeu démocratique. »

Du côté du Bénin, Nassirou Arifari Bako le ministre béninois des Affaires étrangères a fait une déclaration cet après-midi devant le corps diplomatique : « Je voudrais dire tout simplement que le gouvernement béninois prend acte de la nouvelle situation au Burkina Faso et souhaite vivement un retour rapide à la paix, à la stabilité, et à l’ordre constitutionnel. C’est une situation que nous vivons tous en direct, nous ne pouvons que souhaiter au peuple burkinabé, à sa classe politique que tout soit mis en œuvre pour que les aspirations puissent être traduites en élections démocratiques et un retour rapide à un pouvoir civil constitutionnel. »