Burkina Faso: l’Union africaine se positionne pour une transition civile

Blaise Compaoré à Addis-Abeba lors d'un sommet de l'Union africaine, le 28 janvier 2011.
© REUTERS/Thomas Mukoya

L'Union africaine a appelé samedi 1er novembre dans un communiqué à une transition civile au Burkina Faso et demande aux forces armées de se mettre à la disposition des autorités civiles et de s'abstenir de tout acte ou propos qui pourrait envenimer la situation. L'Union africaine (UA) qui avec les Nations unies et la Cédéao mène une médiation au Burkina Faso. Cette délégation internationale devait tenir une conférence de presse samedi soir qui a finalement été annulée. Les concertations se poursuivent en vue de trouver une sortie de crise.

C'est l'Union africaine qui doit être en première ligne. C'est ce qu'indiquent plusieurs sources diplomatiques. La crise burkinabè fait figure de test pour un continent où l’on devrait assister à une trentaine de présidentielles dans les trois prochaines années avec certains chefs d'Etat sortant qui comme Blaise Compaoré ont l’espoir de modifier leur constitution pour se maintenir au pouvoir.

Depuis la désignation par l'armée du lieutenant-colonel Zida pour prendre la tête de la transition, il n’y a pas eu de réactions internationales à part celle de l'UA. «  On attend la fin des concertations en cours avec tous les acteurs, la société civile, les hommes politiques et l'armée », explique une source diplomatique occidentale. D'où également le report de la conférence de presse de la médiation.

Si la communauté internationale s'accorde sur le principe d'une transition menée par les civils, elle sait aussi qu'il sera difficile de ne pas laisser une place à l'armée. Mais quelle place? C'est tout ce qui devrait se jouer dans les prochaines heures. « Il y a une phrase importante dans le communiqué de l'Union africaine, indique un diplomate africain. C'est que la forme de la transition - civile ou militaire - conditionnera l'appui international et notamment l'appui financier. » « ll est bien clair qu'en cas de répression populaire ou de coup d'Etat militaire, le Burkina Faso sera mis au ban des nations et des poursuites judiciaires pourraient être engagées », prévient-il, ajoutant que c'est tout ce que sous-entend le communiqué - encore très diplomatique - de la commission de l'Union Africaine.