Assassinat des envoyés spéciaux de RFI: Baye Ag Bakabo reste suspect

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les deux envoyés spéciaux de RFI ont été tués près de Kidal, au Mali, le 2 novembre 2013.
© RFI

L’enquête sur le meurtre de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon « se développe dans toute une série de directions », assure le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. L'un des avocats d'une des deux familles des reporters assassinés se montre sceptique. A ce stade, les enquêteurs ont établi que le commando qui les a enlevés puis tués comptait quatre membres, mais, seul le nom de Baye Ag Bakabo circule.

Si l'on n'est pas certain que Baye Ag Bakabo fasse partie des quatre hommes du commando qui a assassiné les envoyés spéciaux de RFI au Mali, on sait en revanche que ce ressortissant de Kidal est le propriétaire du pick-up des ravisseurs et qu'il a été vu en train d'acheter de l'essence deux jours avant le drame. Les bidons ont été retrouvés dans le véhicule. Le très suspect Baye Ag Bakabo est certes peu connu, mais il est apparu dans un reportage de la chaîne al-Jazira tourné en 2008, cinq ans avant les assassinats de Ghislaine et de Claude.

En quatre minutes, le journaliste cherche à comprendre le quotidien de la jeunesse du nord du Mali. Baye Ag Bakabo est intégré dans la seconde partie de ce sujet. Il est présenté comme un chauffeur. Seul son prénom est donné. Les services secrets français et des habitants de Kidal ont confirmé par la suite son identité.

Au volant de son pick-up, - le même type de véhicule a été utilisé pour le rapt -, on le voit d'abord fredonner Tinbaradjane, du nom d'un village de la région de Tombouctou. Le jeune homme stoppe ensuite sa voiture sur une dune. On le voit marcher, une cigarette à la bouche, puis s'exprimer devant la caméra : « Sans travail, l'être humain ne peut naturellement rien obtenir, du coup les jeunes sont désespérés », explique-t-il. Puis il ajoute : « Certains finissent par commettre des vols, par faire n'importe quoi, des actes malfaisants. Le feu bouillonne en eux, ils se radicalisent ».

Ceux qui connaissent Bakabo fin des années 2000 le décrivent comme un bandit, plus qu'un jihadiste. En 2010, il est arrêté pour trafic de voiture. Des véhicules volés à l'administration malienne et revendus ensuite à des katibas jihadistes, notamment celle d'Abdelkrim Targui, qui a revendiqué l'an dernier l'assassinat de nos confrères.

Baye Ag Bakabo est aujourd'hui considéré par la justice comme suspect, car c'est son véhicule qui a été utilisé pour l'enlèvement. Certains le disent en fuite en Algérie, d'autres dans les massifs montagneux du nord du Mali. Un an après, il reste en tout cas introuvable.

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