Premiers lauréats pour la Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon

Les deux lauréats de la Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon, Rachelle Tessougué, journaliste, et Sidi Mohamed Dicko, technicien radio.
© RFI

Créée en hommage aux deux reporters de RFI sauvagement assassinés le 2 novembre 2013 à Kidal, dans le nord du Mali, la première Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon a été attribuée ce dimanche 2 novembre à Bamako au Mali, à Rachelle Tessougué, journaliste, et Sidi Mohamed Dicko, technicien radio. Un hommage à nos deux confrères comme un symbole d'espoir dans la nouvelle génération de journalistes africains.

Le 2 novembre est une journée du souvenir et de deuil à Radio France Internationale (RFI). Il y a tout juste un an, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les deux journalistes de la « radio du monde » en reportage dans le nord du Mali, étaient assassinés près de la ville de Kidal. Ce dimanche, à Bamako, à l'hôtel Salam, ont été décernées les deux premières bourses professionnelles qui portent leurs noms.

Les deux lauréats de cette première édition sont Rachelle Tessougué et Sidi Mohamed Dicko. La première a été récompensée dans la catégorie « journaliste », le second dans la catégorie « technicien ». Tous deux ont reçu leur prix des mains d’Apolline Verlon, fille de Claude Verlon et de François Vannier, filleul de Ghislaine Dupont.

Rachelle Tessougué s'est ainsi illustée par un reportage sur les femmes violées dans le nord du Mali pendant l'occupation jihadiste. Un reportage pour lequel elle a recueillie des témoignages particulièrement poignants.

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La jeune journaliste a dédié son prix à Ghislaine Dupont et Claude Verlon, ainsi qu'à tous les journalistes assassinés dans l'exercice de leur fonction. Sidi Mohamed Dicko, récompensé lui pour un montage sur le processus de dialogue inter-malien, a dédié le sien à tous ceux qui sont derrière leur console et qu'on ne voit pas, ainsi qu'aux deux journalistes disparus voici un an.

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De « la douleur et de la joie »

« Une cérémonie empreinte de douleur et de joie. » Ce sont les mots de Marie-Christine Saragosse, la présidente de France Médias Monde qui a présenté cette bourse pour les jeunes journalistes africains comme « le choix de l’éducation et du savoir face à l’obscurantisme et à la barbarie ».

Yves Rocle, directeur-adjoint de la rédaction Afrique de RFI, s’est adressé aux 20 stagiaires qui ont concouru pour cette Bourse : « Continuez votre travail et leurs assassins n’auront pas réussi à les faire taire », leur a-t-il dit.


« Dire la vérité en toutes circonstances »

Rachelle Tessougué, lauréate dans la catégorie « journaliste », a trente ans. Employée de l’ORTM, la télévision d’Etat du Mali, elle pratique le journalisme depuis déjà six années. Elle explique pourquoi : « Aller à la quête de l’information, trouver l’information, la traiter et la diffuser. Ce qui me plaît surtout dans ce métier, c’est de donner la bonne information, de dire la vérité en toutes circonstances. »

Sidi Mohamed Dicko, 26 ans, est le vainqueur chez les techniciens. Il travaille en indépendant pour des radios ou dans l’événementiel. Remporter cette bourse pourrait lui permettre de réaliser un projet qu’il mûrit depuis deux ans : ouvrir un centre de formation. « Je sais comment j’ai galéré avant d’arriver là où je suis. Si j’arrive à ouvrir un centre, que des jeunes comme moi puissent faire deux ou trois ans d’études et sortir avec un brevet de technicien, ils pourraient facilement aller travailler dans des structures de communication, des radios ou des télévisions. »

Les deux vainqueurs de la bourse partiront en février pour Paris où ils recevront deux semaines de formation avant de passer deux autres semaines au sein de la rédaction de RFI.