Burkina Faso: des discussions difficiles

Les trois chefs d'Etat (de gauche à droite): John Dramani Mahama du Ghana, Macky Sall du Sénégal et Goodluck Jonathan du Nigeria.
© Photos AFP et REUTERS

À Ouagadougou, les discussions se poursuivent pour établir les modalités d’un transfert rapide du pouvoir au civil. Le chef de l'État ghanéen et président en exercice de la Cédéao, John Dramani Mahama, ainsi que les présidents nigérian Goodluck Jonathan et sénégalais Macky Sall, sont arrivés ce mercredi matin dans la capitale burkinabè.

Avec notre envoyé spécial à Ouagadougou,

On se doutait que ces discussions seraient longues. Cela se confirme d’heure en heure. Entamée à 11h ce matin, la rencontre entre la délégation de la Cédéao conduite par le président ghanéen John Dramani Mahama et les différentes composantes des forces vives n’a toujours pas accouché d’un nom, ou plus exactement de trois noms que les chefs d’État ont demandé de désigner à leurs hôtes burkinabè.

C’est ainsi qu’on a vu entrer puis sortir à de nombreuses reprises de la salle de réunion le CFOP, pour l’opposition, les autorités religieuses, la société civile et le président du Conseil constitutionnel. On a même aperçu, sans doute au nom du consensus, des représentants de ce qu’il convient d’appeler « l’ex-majorité » du front républicain. Une apparition qui n’a pas été du goût de tous. « Pas de CDP, pas d’ADF », ont ainsi hurlé un certain nombre de représentants, notamment de la société civile, dans le hall de l’hôtel où se tiennent les concertations. « Nous n’avons pas encore enterré nos morts que l’ex-majorité veut déjà s’inviter à la table des négociations, ont-ils lancé. Il n’en est pas question, la place de ces gens-là est en prison. »

Ces concertations ont pour objectif que chaque partie présente une liste de trois noms de civils dont l’un pourrait être désigné comme la personnalité chargée de conduire la transition. Si par bonheur quelques noms ressortent faisant l’unanimité, les choses pourraient aller très vite. Certaines délégations des forces vives semblent cependant déjà contester le mode opératoire de cette liste. Certains pensent qu’il vaut mieux s’entendre d’abord entre Burkinabè et ensuite présenter cette liste cooptée par tous à la troïka. Ce n’est pas simple et il se pourrait que les conciliabules se poursuivent tard dans la soirée.

Alors que se poursuivent ces discussions, Assimi Kouanda, le secrétaire exécutif national du CDP, et Adama Zongo, le président de la Fédération des associations pour la paix avec Blaise Compaoré, ont été convoqués à la gendarmerie pour les entendre sur des propos qu'ils auraient tenus en marge des manifestations qui ont secoué le Burkina Faso à la fin de la semaine. Selon le service de communication de la gendarmerie, il ne s'agit pas d'une arrestation.