Burkina Faso: la France a bien exfiltré Blaise Compaoré

Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré et le président François Hollande au sommet de l'Elysée, décembre 2013.
© ©RFI/Pierre René-Worms

Après avoir affirmé dans un premier temps que la France n’avait pas procédé elle-même à l’évacuation de l’ex-président Blaise Compaoré vers la Côte d’Ivoire vendredi 31 octobre, le président François Hollande a revu sa version ce mardi.

François Hollande a quelque peu revu sa version sur l’exfiltration de Blaise Compaoré vers la Côte d’Ivoire. Après avoir affirmé dans la nuit de lundi à mardi que « cette évacuation, nous ne l’avons pas faite nous-mêmes », le président français a reconnu lors d'une conférence de presse à Ottawa où il est actuellement en visite la participation active de la France. « Pour permettre la transition, nous avons fait en sorte que le président, qui n'était plus président, puisse être évacué vers la Côte d'Ivoire », a-t-il admis. L’ex-président burkinabè a-t-il bien utilisé un hélicoptère français ? « Nous avons veillé à ce qu'il soit évacué en mettant à disposition tous les moyens qui pouvaient être utiles », a répondu François Hollande.

Le président français n'en dira pas plus. Mais dans la soirée, un diplomate français a confirmé toutes les informations diffusées par le magazine Jeune Afrique. Blaise Compaoré a donc été exfiltré à sa demande par les autorités françaises. Vendredi midi, il quitte la capitale, Ouagadougou, dans un long convoi de 4X4. Direction le sud. À 50 kilomètres de la ville de Pô, l'ex-président et ses proches prennent place à bord d'un hélicoptère de l'armée française, sans doute des forces spéciales. Le groupe est ensuite déposé à l'est du Burkina, sur le petit aéroport de Fada N'Gourma. La piste permet de faire atterrir un avion qui redécolle rapidement pour rejoindre en fin de journée Yamoussoukro.

À Paris, le Quai d'Orsay indique qu'il n’y a eu « ni ingérence ni indifférence » pour gérer cette exfiltration de Blaise Compaoré. Au Burkina Faso, les détails de cette opération, révélée dans un premier temps par le président François Hollande, mécontentent fortement une partie des 3 500 Français résidant dans le pays.