RDC: Un an après le M23, quel bilan?

Des enfants jouent sur un tank abandonné par les rebelles du M23, à Kibumba, à l'est de Goma, le 6 novembre 2013.
© REUTERS/Kenny Katombe

Il y a un an, l’armée congolaise assistée de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) mettait fin à la rébellion du M23, ce groupe armé qui pendant un an et demi avait occupé toute une partie du Nord-Kivu. Une victoire historique pour les FARDC, qui pour Kinshasa devait marquer un tournant dans la lutte contre les groupes armés. Mais, un an après, le vide laissé par le M23 au Nord-Kivu s’est vite rempli ; des dizaines de groupes armés continuent de menacer les populations civiles.

Après le M23, pour le Congo, l'année 2014 devait être l’année de la victoire contre la rébellion ougandaise des ADF, ce groupe armé, incrusté dans le nord-est du Congo depuis plus de vingt ans. Mais, près de neuf mois après le début d’une offensive armée sans précédent, très coûteuse en vie humaine pour les FARDC, le mouvement n’est pas vaincu. Au contraire, la série de tueries macabre de ces dernières semaines prouve que ce groupe a encore une vraie capacité de nuisance ou du moins un réseau sur lequel s’appuyer.

Les Nations unies de leur côté avaient fait des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), cet autre groupe armé historique de l’est du Congo, leur ennemi numéro un. Mais, l'ONU refusant de s’attaquer seule aux rebelles rwandais même si son mandat l’y autorise, des opérations armées contre eux n’ont jamais eu lieu.

Groupes armés toujours actifs

Les FDLR ont ensuite offert de désarmer volontairement. Une offre qui n’a pas, pour le moment, été suivie d’effet, mais qui leur a permis de gagner du temps sur de possibles offensives militaires. Les récentes attaques de FDLR dans le Nord-Kivu associés à d’autres milices comme celle de NDC Cheka, montre que là aussi ces groupe armés sont toujours actifs.

Enfin, au lendemain de la victoire, des milliers de combattants de différentes milices d’auto-défense avaient accepté de désarmer. Mais, un an après, sans offre à ces ex-combattants à part celle d’attendre dans des camps une réinsertion qui ne vient pas, un certain nombre a repris les armes.

Forte dégradation de la sécurité

Résultat, depuis un mois, les acteurs humanitaires du Nord-Kivu s’alertent d’une forte dégradation de la sécurité pour les civils à cause des groupes armés. Autre problème : le M23 a été vaincu, mais ses hommes n'ont jamais été démobilisés. Plus de 1 500 ex-combattants sont toujours en Ouganda.

Au Rwanda ils sont 300. D'autres, au nombre de 350 ont déjà disparu dans la nature. Des éléments qui constituent une menace potentielle pour le Congo si un jour ils décident de reprendre les armes, comme l’affirment déjà certains membres de la société civile.