Crimes de guerre en RDC: 10 ans de prison pour le général Kakwavu

Le général congolais Jérôme Kakwavu lors de son procès à Kinshasa, le 7 novembre 2014.
© AFP / PAPY MULONGO

Le général congolais Jérôme Kakwavu a été rattrapé par son passé de milicien, vendredi, à Kinshasa, où la justice l'a condamné à dix ans de prison ferme pour crimes de guerre.

Cette décision de la Haute cour militaire congolaise a été saluée comme une victoire dans la lutte contre l'impunité dont ont bénéficié jusque-là l'immense majorité des auteurs des innombrables atrocités commises pendant les conflits qui ont déchiré la République démocratique du Congo, et tout particulièrement sa partie orientale, depuis 1996. Le tribunal a reconnu le général Jérôme Kakwavu coupable de viols répétés sur deux mineures, de deux meurtres et d'actes de tortures sur deux autres personnes.

La Haute Cour est allée au-delà des réquisitions du ministère public, qui avait demandé huit ans de servitude pénale contre ce général de brigade, alors que le viol est passible de vingt ans d'emprisonnement en RDC.

Les faits incriminés remontent à 2003-2004. Jérôme Kakwavu dirigeait alors les Forces armées populaires du Congo (FAPC), l'une des nombreuses milices qui se sont affrontées en Ituri de 1999 à 2007 sur des bases essentiellement ethniques pour le partage des richesses naturelles (l'or notamment) de ce district de l'Est. Il est le premier général congolais condamné par la justice de son pays pour crimes de guerre depuis le début de la première guerre du Congo (1996-1997).

Le « penchant » du général Kakwavu pour les adolescentes

Promu général à l'occasion du ralliement de sa milice au gouvernement en décembre 2004, il avait été arrêté début 2005, à la suite de pressions internationales. Jérôme Kakwavu, qui avait plaidé non-coupable, est passé par une succession de groupes armés pendant la période noire qui a suivi la chute du dictateur congolais Mobutu Sese Seko en 1997.

Le tribunal a conclu qu'il avait fait de l'une des deux plaignantes violées son esclave sexuelle. Notant que l'ancien rebelle avait un « penchant pour les adolescentes » et qu'il avait embauché des rabatteurs pour lui en livrer, la Cour a regretté que « plusieurs autres victimes » n'aient pas osé porter plainte. Me Charlène Yangazo, avocate du condamné, a indiqué qu'elle étudiait la possibilité d'un recours judiciaire.