Boko Haram: combats à Malam Fatori, les populations fuient au Niger

L'Etat de Borno, au Nigeria, est particulièrement touché par les violences commises par Boko Haram. Ici, après un attentat ayant fait 15 morts à Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno, le 1er juillet 2014.
© AFP PHOTO/STRINGER

Au Nigeria, la ville de Malam Fatori, dans l'Etat de Borno, est tombée aux mains de Boko Haram après 72 heures de combats. Les violents affrontements ont fait fuir des milliers de civils et plus de 300 militaires nigérians au Niger voisin.

Papier réactualisé dimanche 9 novembre 2014, à la mi-journée.

Les combats à l'arme lourde qui ont éclaté jeudi à Malam Fatori, au Nigeria, ont poussé des milliers d'habitants à traverser la Komadougou, la rivière qui fait office de frontière avec le Niger. La plupart des civils sont arrivés dans la ville nigérienne de Bosso, à 2 km des combats.

« Depuis 72 heures, nous sommes surchargés » expliquait, samedi soir, le préfet avant d'ajouter : « Il y a des gens partout dans la rue, ils n'ont nulle part où aller ». Certains habitants de Malam Fatori ont trouvé refuge dans des familles de Bosso, mais d'autres doivent, en effet, passer la nuit dehors.

Des tirs, signalés vers 7h, ce dimanche matin, du côté nigérian de la frontière, ont encore poussé des familles nigérianes à passer au Niger et à se réfugier à Bosso, bien que le calme soit revenu quelques heures plus tard.

Couvre-feu

Pour éviter toute infiltration de combattants, et malgré la difficulté de trouver un abri pour ces réfugiés, un couvre-feu a été instauré à partir de 19h vendredi. Il a été reconduit samedi soir, et prend fin à 6h le matin. Des renforts militaires sont aussi arrivés pour sécuriser la frontière.

Outre les civils, plus de 300 militaires nigérians ont aussi fui les combats. Ceux qui étaient blessés ont reçu les premiers soins à Bosso, avant d'être évacués à Diffa, à deux heures de route. Au total les combats ont fait plusieurs dizaines de blessés. Mais on ne dispose pas encore de bilan précis. Face à l'urgence de la situation, du matériel médical a été envoyé depuis Niamey, par avion, vers Diffa.

Affrontements sérieux

Ce ne sont pas les premiers combats dans cette zone, ni les premiers militaires nigérians qui fuient au Niger. Mais cette fois-ci, de l'avis des autorités locales de Bosso, les affrontements ont été plus sérieux qu'il y a quelques mois et d'après eux il n'y a pas de doute : Boko Haram occupe toujours la ville de Malam Fatori. Des combattants et des civils en armes sont visibles depuis le Niger : « ils ne sont pas loin », disait ce dimanche matin le maire de Bosso.

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