Nigeria: Goodluck Jonathan brigue un second mandat

Le président nigérian, Goodluck Jonathan, a annoncé sa candidature à sa successionpour la présidentielle de février 2015.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Au Nigeria, le président Goodluck Jonathan a annoncé sans surprise, ce mardi 11 novembre, sa candidature à la présidentielle de février prochain lors d'un grand meeting à Abuja. Agé de 56 ans et au pouvoir depuis 2010, il brigue donc un second mandat. Face à une opposition divisée, il part en position de force mais son bilan n'en reste pas moins critiqué en interne et à l'étranger.

C’est devant des dizaines de milliers de supporters vêtus de rouge, vert et blanc, réunis ce mardi à Eagle Square, dans le centre d’Abuja, que le président chef de l’État, âgé de 56 ans, a fait sa déclaration. « Moi, Goodluck Ebele Jonathan, j’ai accepté de me présenter au nom du PDP (le Parti démocratique du peuple, ndlr) ». Cette formulation sans grande conviction trahit les soubresauts politiques de ces huit derniers mois.

De fait, si la volonté du président de se présenter à sa propre succession n’était un secret pour personne, elle a provoqué une crise majeure au sein du parti au pouvoir, poussant de nombreux gouverneurs et députés à rejoindre l’opposition. Au cœur des polémiques, une règle tacite du PDP voulant qu’après Goodluck Jonathan, un chrétien du Sud, ce soit à un musulman du Nord de se porter candidat pour deux mandats maximum.

Aujourd’hui les différends internes semblent réglés et les déclarations récentes portent à croire que le chef de l’État a reçu le soutien unanime des cadres dirigeants. Lundi, ses partisans lui ont d’ailleurs offert quatre pages de publicité dans la presse dans lesquelles ils appelaient les Nigérians à être « témoins de l’histoire » en soutenant le président et en optant pour la continuité. Une requête qui, a priori, n’aura aucun mal à être suivie, car le parti au pouvoir a pour habitude de mobiliser d’importants fonds publics pour la réélection de ses élus. Et ce en dépit d’un bilan économique mitigé et d’une insécurité persistante dans l’extrême nord-est du pays.

Alors qu'il avait promis de faire de la sécurité sa priorité, Goodluck Jonathan risque en effet d'avoir bien du mal à défendre son bilan. Les attaques menées par Boko Haram sont quasi-quotidiennes. Ce lundi 10 novembre encore, un kamikaze a tué une cinquantaine d'adolescents dans un lycée de l'Etat de Yobé. La semaine dernière, des dizaines de personnes ont été blessées par balles après l'attaque d'une ville de l'Etat de Borno.

Les faits sont là et la secte islamiste contrôlerait maintenant une vingtaine de localités dans le nord-est du pays, sans parler des quelque 200 lycéennes de Chibok enlevées il y a six mois que Boko Haram retient toujours en otage.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.