Côte d’Ivoire: Pascal Affi N’Guessan candidat à sa propre succession

Le président par intérim du FPI, Pascal Affi N'Guessan, lors de la cérémonie de clôture de la 8e convention de son parti, à Abidjan, le 22 février 2014.
© AFP/Issouf Sanogo

En Côte d’Ivoire, Pascal Affi N’Guessan a annoncé ce mercredi 12 novembre sa candidature à sa propre succession à la tête du Front populaire ivoirien (FPI). La semaine dernière, des pro-Gbagbo avaient déposé au nom de l’ancien président Laurent Gbagbo, détenu par la Cour pénale internationale (CPI), sa candidature devant les instances du principal parti d'opposition ivoirien.

Pascal Affi N’Guessan s’est déclaré candidat à sa propre succession dans la perspective de l’élection présidentielle de 2015. Il dit avoir présenté sa candidature pour soutenir l’ancien chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo détenu par la CPI, à la Haye, depuis bientôt trois ans.

« Je suis candidat pour la libération du président Laurent Gbagbo. Je suis candidat par devoir envers le président Laurent Gbagbo. Je rappelle que le président Laurent Gbagbo m’a fait très tôt confiance. Au moment où un sort implacable et injuste s’acharne contre lui, mon devoir, à la tête du FPI, est de tenir le parti debout, de défendre et promouvoir, par mes choix et mes actes, les principes qu’il nous a enseignés », a déclaré Pascal Affi N’Guessan lors d’une cérémonie.

« Dans ces conditions, et pour cette mission, est-il responsable, est-il pertinent, est-il sage de faire appel au président Laurent Gbagbo lui-même, comme le réclament quelques camarades ? Peut-on demander à un otage d’organiser sa propre libération ? Ce n’est pas un bon plan et le président Laurent Gbagbo lui-même le sait. A plusieurs occasions, il a dit qu’on ne peut pas mener la lutte depuis la prison. C’est à nous qu’il incombe cette responsabilité. Nous le devons et nous le pouvons ensemble, dans l’unité et dans la solidarité », a ajouté l’actuel dirigeant du FPI.

Un numéro d'équilibre

C’est à un difficile numéro d’équilibre politique que se livre Pascal Affi N’Guessan avec cette candidature : revendiquer l’héritage et la confiance de Laurent Gbagbo tout en se trouvant opposé à lui dans la course à la présidence du parti.

Il y a quelques jours, une délégation de quatre cadres du FPI mené par Michel Gbagbo déposait en effet devant le comité de contrôle un acte de candidature au nom de Laurent Gbagbo pour prendre les rênes du parti lors du congrès du 11 décembre prochain, et ce malgré son incarcération à La Haye aux Pays-Bas. En dépit du paradoxe de la situation, la candidature de l’ex-chef d’État ivoirien est recevable selon les instances du parti et sera étudiée en tant que telle.

Mais du côté des partisans de Pascal Affi N’Guessan, on voit là une manœuvre pour accentuer les clivages et les antagonismes d’un FPI partagé entre l’idée de participer à la prochaine présidentielle et le refus catégorique de cautionner un scrutin où beaucoup donnent Alassane Ouattara favori.

Pour le camp d’Affi N’Guessan, cette candidature par procuration de Laurent Gbagbo à la direction du Front populaire ivoirien est une sorte de ballon d’essai de la part des frondeurs du FPI. Ceux-ci, explique-t-on, voudraient voir jusqu’où serait prêt à aller le président sortant dans sa course à la reconduction. Avec l‘annonce de ce mercredi, ils ont obtenu un élément de réponse à leurs interrogations.