CPI: la défense nie toute responsabilité de Jean-Pierre Bemba

Jean-Pierre Bemba devant la CPI le 27 novembre 2013.
© REUTERS/Peter Dejong

Deuxième et dernière journée, ce jeudi 13 novembre, des déclarations finales dans le procès Jean-Pierre Bemba à La Haye devant la Cour pénale internationale (CPI). Hier, l’accusation avait joué son va-tout pour peser de tout son poids sur la décision des juges, dans la dernière ligne droite d’un des plus longs procès de la CPI. Ce jeudi, c'était au tour de la défense de plaider.

Avec notre envoyée spéciale à La Haye, Melissa Chemam

La défense a eu la parole pendant plus de trois heures, puis la juge a clôturé le procès. La Chambre III s’est désormais retirée pour rendre son verdict qui n’est pas attendu avant des mois.

La défense plaide, depuis 2012, que Jean-Pierre Bemba ne pouvait pas être aux commandes de ses soldats sur place, en Centrafrique, depuis la RDC où il est resté basé. C’est le Britannique Peter Haynes qui est désormais son défenseur principal depuis qu’Aimé Kilolo a été arrêté pour tentatives de subornation de témoins et de falsification de preuves.

Visiblement très à l’aise, Peter Haynes a d’abord souligné que la décision de la Cour devra faire jurisprudence en ce qui concerne les interventions d’une armée dans un autre pays en conflit. Maître Haynes a également jugé que l’accusation avait manipulé les arguments des témoins, dénonçant l’absence de plainte, les premiers mois après les faits. Selon lui, l’accusation a d’ailleurs changé d’argumentations, accusant au départ Ange-Félix Patassé d’être co-auteur des crimes, puis renonçant à cet argument. Deux autres avocates ont plaidé brillamment, affaiblissant les éléments de preuves résumés hier par l’accusation.

La défense a, de plus, souligné que le procureur refuse tout simplement de reconnaître les crimes commis par les troupes rebelles de Bozizé et les forces armées centrafricaines (FACA) alliées aux troupes du Mouvement de libération du Congo (MLC), voulant tout imputer aux miliciens de Bemba.

Pendant cette deuxième journée, Jean-Pierre Bemba s’est montré calme, fixant ses avocats ou l’écran d’ordinateur face à lui et n’hésitant pas à lancer un regard au public parmi lequel se trouvent nombre de ses partisans. Il a même, à plusieurs reprises, esquissé de petits sourires. Comme prévu, il ne s’est pas exprimé. Après le rendu du jugement, les deux parties auront encore possibilité de faire appel.

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