Ebola: au Liberia, l'état d'urgence est levé

Un infirmier prend la température de son patient à Monrovia, au Liberia.
© REUTERS/Daniel Flynn

L'état d'urgence est levé au Liberia, a annoncé la présidente Ellen Johnson Sirleaf. Il avait été instauré le 6 août dernier pour lutter contre l'épidémie d'Ebola. La chef de l'Etat a néanmoins rappelé que « le combat n'était pas terminé » contre l'épidémie qui a fait plus de 5 000 morts en Afrique de l'Ouest.

La présidente Ellen Johnson Sirleaf explique la levée de l'état d'urgence par les bons résultats enregistrés dans la lutte contre Ebola. Alors que le Liberia enregistrait 500 nouveaux cas par jour il ya quelques semaines, on est passés à 50 nouveaux malades détectés quotidiennement, selon les autorités.

Cette baisse d'intensité se ressent dans de nombreux secteurs. Le nombre de malades pris en charge dans le grand centre de traitement de Médecins sans frontières à Monrovia est stable alors que le site vient de doubler sa capacité. La ligne téléphonique nationale d'urgence reçoit moins d'appels.

Il n'empêche que l'annonce de la chef de l'Etat ne va pas bouleverser la vie quotidienne des Libériens qui subissent beaucoup de restrictions. Certaines de ces mesures seront toutefois allégées. Le couvre-feu reste en place, mais il commencera désormais à minuit au lieu de 23h. Les marchés le long des frontières restent ouverts. Le gouvernement va également débloquer un budget pour rénover et nettoyer les écoles qui sont toutes fermées. Ellen Johsnon Sirleaf dit vouloir préparer une rentrée scolaire, sans donner de dates.

La mesure est en partie symbolique. Pour entériner les succès du pays dans sa lutte et avoir un impact psychologique sur les Libériens. Mais aussi pour convaincre les investisseurs de ne pas avoir peur de venir au Liberia. Le virus a en effet mis l'économie nationale à terre. Ellen Johnson Sirleaf crie-t-elle victoire trop tôt ? La présidente garde un ton prudent, rappelant qu'Ebola tue toujours au Liberia et qu'il ne faut surtout pas baisser la garde.


En Sierra Leone, une situation très loin d’être contrôlée

Selon le dernier décompte de l’OMS, 5 147 personnes sont mortes. Le virus Ebola continue de tuer en Guinée, Liberia et Sierra Leone, les trois pays d’Afrique de l’Ouest les plus touchés. Anne Boher, chargée de Communication pour l’Unicef, vient de passer deux mois en Sierra Leone. Invitée de RFI, elle précise que l’épidémie dans ce pays est très loin d’être contenue.

La situation, à Freetown, n’est pas bonne du tout. La Sierra Leone n’est pas du tout dans une tendance à la baisse, contrairement à ce que l’on peut constater dans les pays limitrophes. La situation dans l’ouest du pays est en grande difficulté aujourd’hui. […] Il n’y a pas assez de lits, de laboratoires, de centres d’accueil, de moyens ambulatoires. Toute la chaîne est à risque et toute la chaîne est en manque de soutiens. La réponse a été trop lente et trop faible.
Anne Boher
13-11-2014 - Par Nathalie Amar