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Tchad Pétrole

Tchad: interrogations autour des pénuries d’essence

Une rue de Ndjamena, au Tchad.
© Getty Images/Mathieu Arnaudet

Les pénuries d'essence au Tchad provoquent la colère de la population dans plusieurs villes du pays. Mardi dernier, ils étaient plusieurs centaines à manifester pour protester entre autres contre les hausses vertigineuses des prix des carburants. Depuis le début du mois d'octobre, l'unique raffinerie du Tchad, pays pétrolier depuis 2003, est en maintenance. Mais les autorités assurent que les réserves stratégiques sont suffisantes pour couvrir les besoins et que ces pénuries sont orchestrées.

La raffinerie ne sera remise en route que le 30 novembre avec une reprise de la production prévue pour début décembre. Un peu de retard enregistré, dit-on, pour des raisons techniques. « Mais cela ne pose aucun problème, assure Boukar Moustapha, responsable de l'Autorité de régulation chargé de chapeauter la distribution des produits pétroliers. Les stocks sont suffisants. »

Boukar Moustapha explique toutefois ne pas comprendre la raison de ces pénuries. « Chaque matin, à Ndjamena, on donne le double de ce qui est nécessaire pour la consommation », s'emporte-t-il. Idem pour le reste du pays. « Plus que les quantités nécessaires sont acheminées », assure-t-il. Depuis mercredi, précise encore Boukar Moustapha, des délégations gouvernementales sont à Sarh, à Moundou, à Doba pour surveiller, s'assurer que les citernes arrivent bel et bien à destination et qu'elles alimentent - comme prévu - les stations services officiels.

Selon les témoignages recueillis par RFI, dans plusieurs villes, d'importants stocks de carburant sont souvent mis à la disposition de particuliers, des « privilégiés », disent les habitants, accusant des officiels, militaires ou grands commerçants de tripler, voire parfois de multiplier même par dix le prix de vente. L'Assemblée nationale s'est elle aussi saisie de cette question. Une mission d'enquête est en cours mais, expliquent plusieurs députés, elle ne parvient pas encore à comprendre où se trouvent les goulots d'étranglement qui justifient ces pénuries, évoquant déjà des informations contradictoires des principaux acteurs de la chaîne de distribution et des rumeurs qui se répandent au sein de la population.


■ Crise sociale : le gouvernement joue l’apaisement

Le gouvernement tchadien répond à l'opposition et aux organisations de la société civile qui lui avaient demandé d'agir pour régler la crise sociale. Mardi, les manifestations ont aussi porté sur le non paiement de primes, mais au sommet de l’Etat on assure que ces problèmes sont réglés.

Le Tchad n’est pas le Burkina Faso.

Hassan Sylla
14-11-2014 - Par Sonia Rolley

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