Burkina Faso: les coulisses de la désignation de Michel Kafando

Le nouvel homme fort du Burkina Faso, son président par interrim, Michel Kafando.
© AFP PHOTO / ROMARIC HIEN

Au Burkina Faso, l'Union africaine salue la désignation d'une personnalité civile au poste de président intérimaire du pays. L'UA y voit le signe de la maturité politique et du sens de responsabilité des Burkinabè. Le nom de Michel Kafando a été dévoilé dans la nuit de dimanche à lundi. Et cet homme de 72 ans, ancien diplomate, a été désigné à l'issue des auditions qui se sont prolongées tard dimanche soir. Trois candidats étaient en lice et c'est son expérience au niveau international qui semble avoir fait la différence. Vous voulez connaître les questions posées aux candidats pour les départager ? Lisez le guide d'entretien dans cet article. 

C’est au cours de l’entretien qui a suivi la présélection des trois candidats que Michel Kafando a pris le dessus sur les autres candidats. Face aux autres deux autres candidats, c’est surtout son expérience au niveau international qui a fait la différence. Dans son oral, il a convaincu le collège de désignation sur sa volonté de rendre saine la gestion des affaires publiques où de nombreux cas de corruption et de malversations sont restés impunis.

C’est sa riche carrière de diplomate et sa connaissance de la gestion des affaires publiques qui ont convaincu le collège de désignation, comme en témoigne Zephirin Diabré, membre du collège : « Quand on prend : [son] expérience dans la gestion des affaires de l’Etat, quelqu’un qui a été ministre, qui a présidé le Conseil de sécurité des Nations unies... et ce qui aussi été aussi déterminant, c’est son exposé. Il est allé droit sur les problèmes de corruption, d’impunité. C’est extraordinairement en phase avec les attentes de la révolution ».

Dans un environnement où corruption et malversations financières sont monnaie courante, Michel Kafando a fait preuve d’honnêteté, selon le jeune politicien Tahirou Barry : « Du point de vue probité, on ne lui reproche pratiquement rien. Et je pense que c’est une valeur qui a orienté la décision du conseil de désignation ».

Après deux semaines de fonctionnement au ralenti, Michel Kafando aura la lourde tâche de redémarrer la machine étatique à plein régime. « On a besoin lors de cette transition d’une personne qui puisse immédiatement faire fonctionner l’Etat et faire fonctionner ses réseaux internationaux pour permettre au Burkina Faso de ne pas perdre de temps », estime Luc Marius Ibriga, président du Forum pour l’alternance (Focal) et professeur de droit constitutionnel.

Déjà, le premier Conseil des ministres de Michel Kafando est prévu pour samedi prochain après la mise en place de son gouvernement.

Le guide d'entretien composé de six questions pour désigner le futur président intérimaire au Burkina Faso. © RFI/Guillaume Thibault