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Kenya Rwanda

Affaire Habyarimana: la police kényane gênée par la disparition d’un témoin

Vue du centre administratif de Nairobi, la capitale du Kenya.
© Sam Stearman/Wikipédia

Toujours aucune nouvelle du nouveau témoin de la justice française dans l’affaire de l'attentat contre l'avion du président Juvénal Habyarimana en 1994. Emile Gafirita, un ex-militaire rwandais, est porté disparu depuis maintenant près d'une semaine. C'est jeudi dernier au soir que, selon des habitants du quartier, il aurait été enlevé par deux hommes non identifiés, à Nairobi, au Kenya, alors qu'il rentrait chez lui. La police kényane avait démenti l'avoir arrêté lundi, mais reste bien silencieuse face à cette disparition.

Avant même que l'information ne circule publiquement, interrogée par RFI, la police kényane démentait avoir arrêté un quelconque Rwandais, qu'il s'appelle Emile Gafirita ou Emmanuel Mughisa, le nom d'emprunt qu'il utilisait au Kenya. La porte-parole de la police assurait avoir vérifié dans les commissariats avoisinant le quartier de Dagoretti où vivait le témoin qui devait être entendu par la justice française.

Le lendemain, la même porte-parole affirmait que la police kényane n'avait pas - à proprement parler - lancé d'enquête, puisque, assurait toujours la porte-parole, elle n'a jamais été officiellement informée de cette disparition. Et pourtant, le samedi 15 novembre, un proche d'Emile Gafirita s’est bien présenté, accompagné par des activistes locaux des droits de l'homme, pour signaler cette disparition au poste de police de Kabete. Accompagné car deux jours plus tôt, les proches du témoin affirmaient ne pas avoir été bien accueillis quand ils avaient voulu signaler l'enlèvement auquel ils disaient avoir assisté.

De sources concordantes, cette disparition a bel et bien été signalée sous le numéro de dossier OB 53/45/11/2014. Mercredi, nouvelle tentative auprès du porte-parole adjoint de la police kényane qui ne semblait pas du tout être au courant de l'affaire. Mais ce dernier se disait prêt à répondre à toutes les questions. Il avait alors demandé trente minutes à RFI, le temps de réunir les informations nécessaires. Un porte-parole qui depuis est aux abonnés absents.

La réaction de la FIDH, c’est d’abord l’inquiétude que cela puisse advenir aujourd’hui dans un pays comme le Kenya.

Florent Geel
20-11-2014 - Par Sonia Rolley

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